Article

Placer les excédents de trésorerie d'une association

Partager cet article :

Retour à l’accueil du blog

Placer les excédents de trésorerie d'une association

13
minutes de lecture
Publié le
20/03/2024
Mis à jour le
26/10/2026

Pour placer les excédents de trésorerie d'une association, il faut d'abord savoir quelles sommes ne seront pas utilisées à court terme, puis les placer sur des supports dont la durée et le risque correspondent à cet horizon, dans le cadre fixé par les statuts. Le Livret A, les comptes à terme et les fonds monétaires couvrent la plupart des besoins ; leur fiscalité diffère fortement pour une association, ce qui change le rendement réel de chacun.

Pour une association, anticiper les flux de trésorerie est vital. Ce guide du placement de trésorerie d'une association détaille qui décide des placements, comment estimer les montants disponibles, les supports adaptés, leur fiscalité et un exemple chiffré net d'impôt.

Qui décide des placements dans une association ?

Placer la trésorerie est un acte de gestion qui engage la responsabilité des dirigeants. Les statuts et, le cas échéant, le règlement intérieur précisent qui peut décider : bureau, conseil d'administration ou assemblée générale. Lorsque les statuts sont muets, il est prudent de faire adopter par le conseil d'administration une politique de placement écrite, qui fixe les supports autorisés, les montants maximaux par support et par établissement, et les horizons. Le trésorier agit ensuite dans ce cadre et rend compte des placements à chaque arrêté des comptes.

Certaines sommes ne doivent pas être placées sur des supports risqués : les fonds dédiés à un projet, les subventions affectées non encore utilisées et les ressources destinées aux dépenses de l'année. La loi n° 2021-875 du 01/07/2021 visant à améliorer la trésorerie des associations permet, sous conditions, de conserver un excédent raisonnable de subvention publique. Les associations reconnues d'utilité publique, les fondations et les fonds de dotation peuvent être soumis à des règles de placement plus restrictives, prévues par leurs statuts.

Anticiper ses besoins de trésorerie

Établir un budget prévisionnel

L'excédent de trésorerie d'une association doit être anticipé. Pour cela, l'établissement d'un budget prévisionnel s'avère capital. Il permet d'estimer les dépenses et les recettes sur une période donnée et d'ajuster les activités en conséquence. Un tel budget aide à repérer les périodes de besoin de financement et celles de disponibilités. Il renseigne sur les fluctuations saisonnières de l'activité, notamment les dates de versement des subventions et des cotisations. Le prévisionnel de trésorerie décline ensuite ce budget mois par mois.

Estimer les montants disponibles

Outre l'établissement d'un budget prévisionnel, il importe d'effectuer régulièrement un calcul précis des sommes disponibles. Un suivi fréquent de la trésorerie, à la semaine ou au mois, assure une grande réactivité, et des seuils d'alerte peuvent être fixés en cas de baisse anormale des liquidités. Le montant à placer se déduit de la trésorerie disponible, diminuée des dépenses prévues, des fonds dédiés et d'une réserve de sécurité, souvent exprimée en mois de charges fixes. Notre méthode de calcul de l'excédent de trésorerie et notre article sur la réserve de liquidités pour faire face à l'imprévu s'appliquent aux associations.

Privilégier les placements sûrs

Éviter les placements à risque

Les placements à risque peuvent entraîner une perte partielle ou totale du capital investi. Une association se doit de préserver ses ressources pour mener à bien sa mission : elle privilégie donc des supports à capital garanti ou à faible risque, comme le Livret A, les livrets bancaires, les comptes à terme ou les fonds monétaires, et réserve les supports plus risqués à une part limitée de ses réserves de long terme.

Favoriser les placements liquides

La liquidité permet de récupérer rapidement les sommes placées si l'association doit faire face à une dépense imprévue ou à un retard de subvention. Le Livret A et les livrets bancaires sont disponibles à tout moment ; les fonds monétaires en un ou deux jours ouvrés. Le compte à terme, lui, n'est pas disponible à tout moment : une sortie avant l'échéance suppose généralement un préavis de 32 jours et des pénalités. Notre comparatif compte à terme ou fonds monétaire détaille cet arbitrage.

SupportDisponibilitéCapitalPlafond ou seuil
Livret A associationÀ tout momentGaranti76 500 €
Livret bancaire ordinaireÀ tout momentGaranti par la banque, garantie des dépôtsSelon la banque
Compte à termeÀ l'échéance ; sortie anticipée avec préavis et pénalitésRestitué à l'échéance, garantie des dépôts jusqu'à 100 000 € par banqueSelon la banque
Fonds monétaire1 à 2 jours ouvrésNon garanti, risque de perte faibleMinimum fixé par le fonds
Fonds obligataire2 à 5 jours ouvrésNon garanti, variations de valeurMinimum fixé par le fonds
Contrat de capitalisationRachat selon le contratGaranti sur le fonds en euros selon le contrat, non garanti sur les unités de compteSelon l'assureur
SCPI, produits structurésLimitée, horizon de plusieurs annéesNon garanti ou protégé selon le produit, risque de perteSelon le produit

Caractéristiques générales relevées le 26/10/2026, à vérifier dans la documentation de chaque produit. Hors comptes à terme et dépôts bancaires, le capital n'est pas garanti.

Adapter les placements à la durée de disponibilité

Placer à court terme pour les besoins immédiats

Les excédents temporaires se placent sur des supports à court terme offrant liquidité et sécurité. Le Livret A, accessible aux associations dans la limite de 76 500 €, est rémunéré à 1,70 % depuis le 01/08/2026 et ses intérêts sont exonérés d'impôt pour une association. Au-delà, les fonds monétaires conviennent aux sommes dont la date d'utilisation est incertaine, et les comptes à terme aux sommes dont la date est connue, par exemple un projet financé dans neuf mois. Cette organisation par horizon suit la règle des 3 poches de trésorerie.

Placer à moyen et long terme pour la trésorerie excédentaire

Lorsque des montants importants restent disponibles plus de deux ans, une association peut en placer une partie sur des supports plus rémunérateurs, en respectant le principe de prudence. Les fonds obligataires visent un rendement supérieur au prix de variations de valeur. Le contrat de capitalisation combine un fonds en euros, garanti par l'assureur selon les conditions du contrat, et des unités de compte non garanties. L'objectif est de générer des revenus réguliers sans rechercher le rendement maximal.

Diversifier les supports de placement

Répartir entre différents produits

Pour une association loi 1901, la répartition de la trésorerie entre plusieurs supports limite les risques. Au-delà de 100 000 € de dépôts dans une même banque, la garantie des dépôts du FGDR ne couvre plus l'excédent, ce qui justifie une répartition entre plusieurs établissements. Selon sa politique de placement, une association dotée de réserves durables peut consacrer une part limitée à des SCPI détenues par une personne morale ou à des produits structurés, dont le capital n'est pas garanti.

Équilibrer rendement et sécurité

La gestion d'une trésorerie associative suppose de trouver le bon dosage entre rendement et sécurité. Viser le rendement maximal en prenant des risques démesurés serait contraire à la mission de l'association ; à l'inverse, laisser dormir des liquidités sur un compte courant leur fait perdre du pouvoir d'achat. Les fondamentaux de la gestion de trésorerie s'appliquent : chaque somme sur un support adapté à son horizon, dans des limites validées par les instances.

La fiscalité des placements d'une association

Une association sans activité lucrative n'est pas soumise à l'impôt sur les sociétés au taux normal, mais ses revenus patrimoniaux sont soumis à un impôt à taux réduits. Les intérêts d'un compte à terme sont ainsi imposés à 24 %, alors que ceux du Livret A sont exonérés.

Revenus d'une association sans activité lucrativeImpôt sur les revenus patrimoniaux
Intérêts des comptes à terme, des comptes courants et des livrets ordinaires24 %
Dividendes, y compris ceux distribués par des SICAV et des FCP15 %
Produits d'obligations et de titres de créances négociables10 %
Intérêts du Livret A et du Livret bleu, dans la limite de 76 500 €Exonérés
Écarts d'évaluation sur parts d'OPCVMNon imposables

Source : Associathèque, fiscalité des revenus du patrimoine des associations, publication du 19/05/2026. Ces taux supposent que l'association n'exerce pas d'activité lucrative prépondérante.

L'association déclare chaque année ses revenus patrimoniaux sur le formulaire n° 2070, même lorsqu'ils sont exonérés. Si son activité lucrative devient prépondérante, l'ensemble de ses revenus, y compris patrimoniaux, peut être soumis à l'IS au taux de droit commun. Le traitement fiscal de chaque support, notamment en cas de cession de parts de fonds, doit être validé avec l'expert-comptable de l'association.

Exemple chiffré : placer 300 000 € de réserves

Prenons une association fictive, sans activité lucrative, qui dispose de 300 000 € de réserves au-delà de ses besoins courants. Elle veut conserver une disponibilité rapide sur une partie des fonds et sait qu'un projet de 100 000 € sera financé dans un an.

Support (exemple fictif)MontantTaux brut retenuRevenu brut sur 12 moisImpôtRevenu net
Livret A76 500 €1,70 %1 300,50 €0 €1 300,50 €
Compte à terme 12 mois100 000 €3,15 %3 150,00 €756,00 €2 394,00 €
Fonds monétaire (part de capitalisation)100 000 €2,30 % (hypothèse, net de frais)2 300,00 €0 € (hypothèse)2 300,00 €
Compte courant23 500 €0 %0 €0 €0 €
Total300 000 €6 750,50 €756,00 €5 994,50 €

Exemple fictif. Taux du Livret A en vigueur depuis le 01/08/2026 ; taux du compte à terme 12 mois relevé le 12/10/2026 sur la grille Hedg ; rendement du fonds monétaire retenu à titre d'hypothèse, non garanti, et absence d'imposition à confirmer avec l'expert-comptable. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

À rendement brut comparable, la fiscalité modifie le classement : le compte à terme rapporte le plus en brut, mais l'impôt de 24 % sur ses intérêts réduit l'écart avec le fonds monétaire. Le Livret A, exonéré, reste le premier support à remplir. Le compte à terme garde en revanche l'avantage d'un capital garanti et d'un taux connu, adapté au projet dont la date est fixée.

FAQ : placer la trésorerie d'une association

Une association peut-elle placer sa trésorerie ?

Oui. Une association loi 1901 peut placer les excédents de trésorerie qu'elle n'utilise pas immédiatement, à condition que ces placements restent accessoires à sa mission et respectent ses statuts. Elle ne peut pas accumuler des réserves dans le seul but de les faire fructifier, mais elle peut légitimement préserver la valeur de ses ressources. Les décisions sont prises par l'organe compétent, en général le bureau ou le conseil d'administration, idéalement dans le cadre d'une politique de placement écrite. Les fonds dédiés et les subventions affectées doivent rester disponibles pour leur objet.

Quel placement pour une association loi 1901 ?

Le Livret A est souvent le premier support : il est disponible à tout moment, son capital est garanti et ses intérêts sont exonérés d'impôt pour une association, dans la limite de 76 500 €. Au-delà, le compte à terme convient aux sommes dont la date d'utilisation est connue, avec un taux fixé à la souscription et la garantie des dépôts jusqu'à 100 000 € par banque. Le fonds monétaire convient aux sommes à disponibilité incertaine. Les supports plus risqués, comme les fonds obligataires ou les SCPI, se limitent aux réserves de long terme, selon la politique de placement.

Comment sont imposés les placements d'une association ?

Une association sans activité lucrative est soumise à un impôt à taux réduits sur ses revenus patrimoniaux. Les intérêts des comptes à terme, des comptes courants et des livrets ordinaires sont imposés à 24 %, les dividendes, y compris ceux de SICAV et de FCP, à 15 %, et les produits d'obligations à 10 %. Les intérêts du Livret A et du Livret bleu sont exonérés dans la limite de 76 500 €. L'association déclare ces revenus chaque année sur le formulaire n° 2070, même s'ils sont exonérés. Le traitement doit être validé avec l'expert-comptable.

Une association peut-elle ouvrir un Livret A ?

Oui. Les associations peuvent ouvrir un Livret A, dans la limite d'un plafond de dépôt de 76 500 €, contre 22 950 € pour les particuliers. Le taux est fixé par les pouvoirs publics et s'établit à 1,70 % depuis le 01/08/2026. Pour une association sans activité lucrative, les intérêts du Livret A sont exonérés de l'impôt sur les revenus patrimoniaux, ce qui en fait souvent le premier support à utiliser. Le capital est garanti et les fonds sont disponibles à tout moment. Les conditions d'éligibilité se vérifient auprès de la banque de l'association.

Qui décide des placements dans une association ?

Les statuts désignent l'organe compétent, le plus souvent le bureau ou le conseil d'administration, parfois l'assemblée générale pour les décisions importantes. Le trésorier exécute les placements dans le cadre fixé et en rend compte. Lorsque les statuts ne prévoient rien, il est recommandé de faire voter une politique de placement qui précise les supports autorisés, les montants maximaux par support et par établissement, et les horizons. Cette formalisation protège les dirigeants bénévoles, dont la responsabilité peut être recherchée en cas de placement imprudent ou non autorisé.

Les placements d'une association sont-ils garantis ?

Cela dépend du support. Le Livret A est garanti par l'État. Les comptes à terme et les livrets bancaires sont des dépôts couverts par la garantie des dépôts du FGDR jusqu'à 100 000 € par déposant et par établissement. Les fonds monétaires, les fonds obligataires, les unités de compte d'un contrat de capitalisation, les SCPI et les produits structurés sont des placements financiers dont le capital n'est pas garanti. Le fonds en euros d'un contrat de capitalisation bénéficie d'une garantie de l'assureur selon les conditions du contrat. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Conclusion

Placer les excédents de trésorerie d'une association suppose de respecter trois principes : décider dans le cadre des statuts, ne placer que les sommes réellement disponibles, et choisir chaque support selon son horizon. Pour une association sans activité lucrative, la fiscalité des revenus patrimoniaux change le rendement réel des supports : le Livret A exonéré passe en premier, puis les comptes à terme et les fonds monétaires selon que la date d'utilisation est connue ou non.

Pour comparer les solutions, consultez notre guide du placement de trésorerie et les comptes à terme de plus de 50 banques partenaires accessibles via Hedg, ainsi que l'ensemble des placements de trésorerie. Pour construire la politique de placement de votre association, échangez avec un conseiller Hedg.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les taux mentionnés sont indicatifs et susceptibles d'évoluer. Hors comptes à terme et dépôts bancaires, le capital n'est pas garanti. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Hedg SAS est immatriculée à l'ORIAS sous le n° 23004993 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF), adhérent de l'Anacofi-CIF, association agréée par l'AMF, et de courtier en opérations de banque et en services de paiement.

Rémunérez votre trésorerie d'entreprise en 10mn avec Hedg ?

Rémunérez votre trésorerie d'entreprise en 10mn avec Hedg ?

1.

2.

3.

Activité encadrée  • Pas de frais cachés

Activité encadrée  • Pas de frais cachés