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Placer sa trésorerie de manière durable et responsable avec les solutions ESG

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Placer sa trésorerie de manière durable et responsable avec les solutions ESG

10
minutes de lecture
Publié le
18/10/2023
Mis à jour le
27/10/2026

Placer la trésorerie d'une entreprise de manière durable consiste à choisir des supports qui intègrent des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), sans renoncer aux règles de base de la gestion de trésorerie : disponibilité des fonds, maîtrise du risque et adéquation à l'horizon de chaque besoin. Les principaux supports sont les fonds monétaires et obligataires classés article 8 ou 9 au sens du règlement SFDR, les obligations vertes et les fonds labellisés. Une démarche durable ne modifie ni le niveau de risque, ni la liquidité d'un placement : elle s'ajoute aux critères financiers.

Cet article présente les supports disponibles selon l'horizon, le cadre réglementaire européen, en particulier le règlement SFDR et sa réforme en cours, et une grille pour sélectionner un placement en évitant l'écoblanchiment.

Pourquoi placer sa trésorerie de manière durable

Les motivations sont de trois ordres. La cohérence d'abord : une entreprise qui s'engage sur des objectifs climatiques ou sociaux peut aligner ses placements sur ces engagements et en rendre compte dans son reporting extra-financier. La gestion des risques ensuite : l'analyse ESG vise à identifier des risques que l'analyse financière seule capte mal, comme l'exposition d'un émetteur à la réglementation climatique. Les attentes des parties prenantes enfin : clients, salariés, banques et investisseurs interrogent de plus en plus les entreprises sur l'usage de leurs ressources.

Ces motivations ne justifient pas de prendre plus de risque que la situation de l'entreprise ne le permet. La première étape reste de mesurer le montant réellement plaçable, selon la méthode de calcul de l'excédent de trésorerie, après constitution d'une réserve de liquidités.

Les supports de placement durables selon l'horizon

HorizonSupportApproche durable possibleRisque principal
Quelques jours à quelques moisFonds monétaireFonds classé article 8 ou 9, souvent labellisé ISRRendement variable, capital non garanti
Besoin datéCompte à termeDépôt fléché par certaines banques vers des projets environnementaux, sans label publicIndisponibilité avant l'échéance selon les conditions ; dépôt couvert par le FGDR jusqu'à 100 000 € par établissement
Deux à cinq ansFonds obligataire, obligations vertesFonds ISR ou Greenfin, obligations conformes au standard européenRisque de taux et de crédit, capital non garanti
Plus de cinq ansFonds actions, infrastructures, SCPIFonds ISR, Greenfin ou à objectif d'investissement durableRisque de perte en capital, liquidité limitée selon le support

Panorama général au 27/10/2026 : le choix d'un support relève d'une analyse de la situation de chaque entreprise.

Les fonds monétaires et obligataires durables

Pour la poche de court terme, les fonds monétaires classés article 8 ou 9 appliquent des critères ESG à des titres de créance de courte durée. Leur fonctionnement, leur liquidité et leur risque restent ceux d'un fonds monétaire ; notre comparatif compte à terme ou fonds monétaire aide à arbitrer entre les deux supports. À moyen terme, les fonds obligataires durables sélectionnent des émetteurs selon des critères ESG ou investissent dans des obligations vertes ; leurs risques sont présentés dans notre article sur les placements obligataires pour la trésorerie.

Les obligations vertes

Une obligation verte finance des projets à bénéfice environnemental identifiés à l'avance : énergies renouvelables, rénovation énergétique, transports bas carbone. Elle reste une obligation classique sur le plan financier : l'investisseur est exposé au risque de crédit de l'émetteur et au risque de taux, comme pour toute obligation d'entreprise ou titre d'État. Le règlement (UE) 2023/2631 a créé un standard européen des obligations vertes, applicable depuis le 21/12/2024 : son usage est volontaire, et les émissions qui s'en réclament doivent affecter au moins 85 % des fonds levés à des activités alignées sur la taxonomie européenne, avec un contrôle par un vérificateur externe enregistré auprès de l'ESMA.

Les fonds labellisés et les supports de long terme

Pour la part de trésorerie sans emploi prévu avant plusieurs années, des fonds actions, d'infrastructures ou immobiliers peuvent intégrer une démarche durable. Les labels ISR, Greenfin, Finansol et Relance, présentés dans notre article sur les labels pour placer sa trésorerie de manière responsable, servent de repères. Ces supports exposent à un risque de perte en capital ; les fonds immobiliers et fonds actions et les SCPI détenues par une société relèvent de cette poche.

Le cadre réglementaire : SFDR et taxonomie européenne

Le règlement (UE) 2019/2088, dit SFDR, applicable depuis le 10/03/2021, impose aux sociétés de gestion de publier des informations sur la prise en compte de la durabilité. Il classe les fonds en trois catégories de transparence.

ClassificationDéfinitionCe qu'elle implique
Article 6Fonds qui ne promeut pas de caractéristiques environnementales ou socialesPublication de la prise en compte des risques de durabilité
Article 8Fonds qui promeut des caractéristiques environnementales ou socialesInformations précontractuelles et périodiques sur ces caractéristiques
Article 9Fonds qui a pour objectif l'investissement durableExigences de transparence les plus élevées

Classification de transparence, et non label de qualité : elle repose sur les déclarations de la société de gestion.

La taxonomie européenne complète ce dispositif : elle définit les activités économiques considérées comme durables sur le plan environnemental, et sert de référence aux fonds et aux obligations vertes pour mesurer leur part d'investissements alignés.

Une réforme en cours, dite SFDR 2.0. La Commission européenne a proposé fin 2025 de remplacer la logique des articles 8 et 9 par trois catégories de produits : transition, ESG de base et durable. Le Conseil de l'Union européenne a publié son mandat de négociation le 24/06/2026 ; les négociations avec le Parlement européen sont attendues à partir du quatrième trimestre 2026, et l'application interviendrait 18 à 24 mois après l'entrée en vigueur du texte selon les versions. D'ici là, le régime actuel reste applicable. Les entreprises qui sélectionnent des fonds devront donc suivre l'évolution de leur classification.

Comment sélectionner un placement durable

1. Partir de l'horizon et du risque. Le support est choisi d'abord selon la date du besoin et la capacité de l'entreprise à supporter une perte, selon la règle des 3 poches de trésorerie. La dimension durable vient ensuite départager les supports adaptés.

2. Lire la documentation réglementaire. Le document d'informations clés (DIC) indique l'indicateur de risque et la durée de placement recommandée ; les annexes SFDR du prospectus décrivent les caractéristiques environnementales ou sociales promues et la part d'investissements durables visée.

3. Vérifier les labels et les exclusions. Un label atteste un cahier des charges contrôlé par un tiers ; les exclusions sectorielles, notamment sur les énergies fossiles, varient fortement d'un fonds à l'autre.

4. Se méfier des affirmations non étayées. L'écoblanchiment consiste à présenter un produit comme plus durable qu'il ne l'est. Des mentions générales sans indicateur, sans label ni classification précise appellent des questions à la société de gestion ou à l'intermédiaire.

5. Comparer les frais et la liquidité. Une démarche durable ne justifie pas des frais plus élevés sans contrepartie identifiable, ni des conditions de rachat incompatibles avec les besoins de l'entreprise. Les erreurs courantes sont recensées dans notre article sur les erreurs à éviter dans la gestion des excédents de trésorerie, et les risques de chaque support dans notre article sur la façon de choisir ses placements de trésorerie en maîtrisant ses risques.

Les fonds peuvent être détenus via un compte-titres ou directement auprès de la société de gestion ; notre comparatif entre ETF et OPCVM présente les véhicules disponibles.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un placement de trésorerie durable ?

Un placement de trésorerie durable est un support qui intègre des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans sa gestion, tout en répondant aux besoins de la trésorerie de l'entreprise : disponibilité, maîtrise du risque et adéquation à l'horizon. Il peut s'agir d'un fonds monétaire ou obligataire classé article 8 ou 9 au sens du règlement SFDR, d'une obligation verte ou d'un fonds labellisé ISR ou Greenfin. La dimension durable ne modifie pas le risque du support : un fonds durable peut perdre de la valeur comme tout fonds.

Quelle est la différence entre un fonds article 8 et un fonds article 9 ?

Le règlement SFDR distingue les fonds selon leur niveau de transparence en matière de durabilité. Un fonds article 8 promeut des caractéristiques environnementales ou sociales, par exemple en excluant certains secteurs ou en sélectionnant les émetteurs les mieux notés. Un fonds article 9 poursuit un objectif d'investissement durable et supporte les exigences de transparence les plus élevées. Il s'agit d'une classification déclarée par la société de gestion, et non d'un label contrôlé par un tiers. Une réforme en cours prévoit de la remplacer par trois catégories de produits.

Qu'est-ce que la réforme SFDR 2.0 ?

La Commission européenne a proposé fin 2025 de réformer le règlement SFDR en remplaçant la logique des articles 8 et 9 par trois catégories de produits : transition, ESG de base et durable, chacune assortie de critères minimaux. Le Conseil de l'Union européenne a publié son mandat de négociation le 24/06/2026, et les négociations avec le Parlement européen sont attendues à partir du quatrième trimestre 2026. L'application interviendrait 18 à 24 mois après l'entrée en vigueur du texte. En attendant, le régime actuel des articles 6, 8 et 9 reste applicable.

Une obligation verte est-elle moins risquée qu'une obligation classique ?

Non. Une obligation verte finance des projets environnementaux identifiés, mais son risque financier est celui de son émetteur : risque de crédit, c'est-à-dire de défaut, et risque de taux, qui fait varier sa valeur avant l'échéance. Le standard européen des obligations vertes, applicable depuis le 21/12/2024, encadre l'usage des fonds levés, qui doivent être affectés à au moins 85 % à des activités alignées sur la taxonomie européenne, avec un vérificateur externe. Ce standard renforce la transparence environnementale, sans réduire le risque financier.

Comment éviter l'écoblanchiment dans le choix d'un placement ?

Plusieurs vérifications limitent le risque d'écoblanchiment. Il faut d'abord consulter la classification du fonds au sens du règlement SFDR et ses annexes, qui détaillent les caractéristiques promues et la part d'investissements durables visée. Il faut ensuite vérifier la présence d'un label contrôlé par un tiers, comme ISR ou Greenfin, et la nature des exclusions sectorielles. Enfin, le rapport extra-financier de la société de gestion doit présenter des indicateurs mesurables. Des affirmations générales, sans indicateur ni classification précise, justifient des questions avant toute souscription.

Conclusion

Placer sa trésorerie de manière durable repose sur les mêmes principes que tout placement de trésorerie : horizon, risque, liquidité et coût. Les fonds monétaires et obligataires classés article 8 ou 9, les obligations vertes et les fonds labellisés permettent d'y ajouter une dimension environnementale ou sociale. Le règlement SFDR, en cours de réforme, et la taxonomie européenne fournissent un cadre de lecture, à compléter par l'examen de la documentation de chaque fonds.

Pour aller plus loin, consultez notre guide du placement de trésorerie d'entreprise, les placements de trésorerie proposés par Hedg ou échangez avec un conseiller Hedg.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les taux mentionnés sont indicatifs et susceptibles d'évoluer. Hors comptes à terme et dépôts bancaires, le capital n'est pas garanti. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Hedg SAS est immatriculée à l'ORIAS sous le n° 23004993 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF), adhérent de l'Anacofi-CIF, association agréée par l'AMF, et de courtier en opérations de banque et en services de paiement.

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