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Placement de trésorerie d'entreprise : guide complet des solutions 2026

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Placement de trésorerie d'entreprise : guide complet des solutions 2026

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Chaque année, des milliards d'euros de trésorerie d'entreprise stagnent sur des comptes courants non rémunérés ou sur des comptes à terme ouverts il y a deux ans dans la banque habituelle, sans que personne ne se soit posé la question de savoir si c'était encore la meilleure option. Ce n'est ni de la négligence ni de l'imprudence : c'est simplement que la gestion des placements de trésorerie n'est pas le métier principal d'un dirigeant de PME, d'un président de SASU ou d'un médecin en SPFPL.

Ce guide a un objectif simple : vous donner, en un seul article, l'ensemble des informations nécessaires pour comprendre quels produits existent, lesquels correspondent à quel horizon et quel profil de risque, ce qu'ils rapportent réellement après IS en 2026, et comment structurer une allocation cohérente selon la taille et la forme juridique de votre société.

Qu'est-ce que la trésorerie d'entreprise ? Définition et identification de l'excédent réel

Trésorerie d'exploitation et trésorerie excédentaire : une distinction essentielle

La trésorerie d'une entreprise regroupe l'ensemble des liquidités disponibles sur ses comptes bancaires. Mais toutes ces liquidités ne sont pas disponibles pour être placées. Il faut distinguer deux composantes fondamentales.

La trésorerie d'exploitation correspond aux fonds nécessaires au fonctionnement courant : paiement des fournisseurs, des salaires, des cotisations sociales, de la TVA et des acomptes d'IS. Elle doit rester liquide et disponible à tout moment, sans aucune contrainte de blocage.

La trésorerie excédentaire est la fraction qui dépasse ces besoins opérationnels. Elle représente des bénéfices mis en réserve, des fonds levés non encore déployés, ou simplement des liquidités accumulées au fil des exercices. C'est sur cette seule fraction que portent les stratégies de placement.

Comment calculer son excédent réellement disponible

Avant de placer quoi que ce soit, le calcul de l'excédent réel est indispensable. Il s'effectue en soustrayant du solde bancaire brut quatre éléments successifs.

Le besoin en fonds de roulement (BFR). Calculé à partir du bilan (créances clients + stocks - dettes fournisseurs), il représente la trésorerie structurellement mobilisée par le cycle d'exploitation. Il doit rester disponible en permanence.

Les charges prévisibles à court terme. IS (acomptes trimestriels), TVA collectée à reverser, cotisations sociales, salaires des deux prochains mois. Ces montants sont connus et ne peuvent pas être bloqués dans un placement.

La réserve de précaution. Un matelas pour absorber les imprévus : retard de paiement client, dépense exceptionnelle, opportunité d'investissement. La règle usuelle est 1 à 3 mois de charges fixes selon la visibilité de l'activité.

Les projets d'investissement identifiés. Si un investissement est planifié dans les 12 à 18 mois, les fonds correspondants doivent rester disponibles et ne peuvent pas être engagés dans un placement bloquant.

Ce qui reste après ces quatre déductions est la trésorerie réellement excédentaire et placeable. Elle est presque toujours inférieure au solde bancaire apparent, mais c'est sur elle seule que s'appliquent les stratégies de placement décrites dans ce guide.

Le coût réel de l'inaction : ce que coûte une trésorerie sur compte courant

La plupart des comptes courants professionnels en France sont rémunérés à 0%. En 2026, avec un taux de dépôt de la BCE à 2,50%, les fonds monétaires offrent environ 2,50%/an et les comptes à terme jusqu'à 3,10%/an. L'écart entre ce que rapporte un placement simple et ce que rapporte un compte courant représente un manque à gagner réel, mesurable et souvent sous-estimé.

Tableau du manque à gagner annuel net IS (taux IS 25%), par montant de trésorerie :

Montant Compte courant (0%) Fonds monétaire 2,50%/an Manque à gagner net IS/an
100 000€ 0€ 2 500€ brut / 1 875€ net IS 1 875€/an
300 000€ 0€ 7 500€ brut / 5 625€ net IS 5 625€/an
500 000€ 0€ 12 500€ brut / 9 375€ net IS 9 375€/an
1 000 000€ 0€ 25 000€ brut / 18 750€ net IS 18 750€/an


Ces montants sont nets d'IS à 25% et représentent le gain annuel réel pour la société par rapport à une trésorerie dormante. Sur 3 ans avec intérêts composés, le manque à gagner est encore plus élevé.

Pour approfondir ce calcul, consultez notre article dédié : Trésorerie d'entreprise sur compte courant : combien ça coûte vraiment ?

La règle des 3 poches : la méthode pour bien structurer sa trésorerie d'entreprise

La première erreur des dirigeants qui décident de placer leur trésorerie est de la traiter comme un bloc homogène. "J'ai 400 000€ : où les mettre ?" Cette question n'a pas de bonne réponse, parce qu'elle oublie un paramètre fondamental : ces 400 000€ ne sont pas tous disponibles sur le même horizon.

La méthode des 3 poches résout ce problème en structurant la trésorerie selon trois compartiments, chacun avec ses critères et ses produits adaptés.

Poche 1 — Trésorerie liquide (fonds monétaire). Elle couvre les besoins immédiats et les provisions pour charges à court terme. Critère : disponibilité quotidienne (J+1). Produit : fonds monétaire. Rendement indicatif 2026 : ~2,50%/an. Taille recommandée : 15% à 25% de la trésorerie totale.

Poche 2 — Trésorerie sécurisée (compte à terme). Elle couvre la fraction dont on n'a pas besoin avant 3 à 24 mois, à une date identifiable. Critère : capital garanti, taux fixe. Produit : CAT échelonnés sur plusieurs durées et plusieurs établissements. Rendement indicatif 2026 : 2,70% à 3,10%/an. Taille recommandée : 40% à 60% de la trésorerie totale.

Poche 3 — Trésorerie de rendement (produits diversifiés). Elle couvre la trésorerie structurellement excédentaire sur 3 ans et plus. Critère : rendement optimisé selon le profil de risque. Produits : fonds obligataires, CLN, contrat de capitalisation, SCPI, private equity. Rendement indicatif 2026 : 4% à 6%/an et plus. Taille recommandée : 20% à 40% de la trésorerie totale.

Pour une analyse complète de cette méthode avec des exemples chiffrés par taille d'entreprise, consultez notre guide sur la règle des 3 poches.

Les produits de placement de trésorerie d'entreprise : guide complet 2026

Poche 1 — Le fonds monétaire : liquidité quotidienne

Le fonds monétaire est le premier produit à ouvrir pour toute entreprise qui cherche à faire travailler sa trésorerie. Il suit les indices Ester et Euribor et capte quasi-intégralement les taux du marché monétaire au jour le jour.

Caractéristiques : liquidité quotidienne (J+1), risque quasi-nul, rendement aligné sur les taux BCE. En 2026, les fonds monétaires de bonne qualité affichent environ 2,50%/an. Ticket minimum chez Hedg : dès 100 000€.

Fiscalité IS : les revenus du fonds monétaire (variation de valeur liquidative) sont intégrés au résultat IS de l'exercice de constatation. Rendement net IS à 25% : ~1,875%/an. À 15% (pour les sociétés sous le seuil de 42 500€ de résultat) : ~2,125%/an.

Cas d'usage : provisions pour charges (IS, TVA, cotisations sociales), réserve de précaution, trésorerie opérationnelle entre deux encaissements. Toute fraction de trésorerie dont on pourrait avoir besoin dans les 30 jours suivants appartient à cette poche.

Poche 2 — Le compte à terme (CAT) : capital garanti, taux fixe

Le compte à terme est le placement bancaire le plus simple et le plus lisible. L'entreprise immobilise une somme pendant une durée déterminée (de 1 mois à 5 ans) en échange d'un taux fixe garanti contractuellement dès la souscription.

Caractéristiques : capital garanti par le FGDR jusqu'à 100 000€ par établissement, taux fixe connu à l'avance, absence totale de risque de marché, aucune fluctuation comptable quotidienne. En 2026, les meilleurs taux disponibles s'échelonnent entre 2,40%/an (6 mois) et 3,10%/an (24 mois) pour les offres les plus compétitives.

La règle du FGDR et la multi-bancaire. Au-delà de 100 000€ dans un seul établissement, la fraction excédentaire n'est plus garantie. Pour une trésorerie de 300 000€ placée en CAT, il faut répartir sur au moins 3 établissements distincts pour couvrir intégralement le capital. C'est précisément ce que permet une plateforme à architecture ouverte donnant accès à plusieurs banques partenaires depuis une interface unique.

L'échelonnement (laddering). Plutôt qu'un seul CAT de longue durée, l'échelonnement consiste à répartir sur plusieurs CAT de durées différentes : 6 mois, 12 mois, 18 mois, 24 mois. Cette stratégie assure une disponibilité de capital régulière, réduit l'exposition au risque de taux et permet de réinvestir à chaque échéance aux conditions du marché.

Fiscalité IS : les intérêts sont intégrés au résultat IS de l'exercice de perception. Rendement net IS à 25% sur un CAT 12 mois à 2,70% : 2,025%/an. Sur un CAT 24 mois à 3,10% : 2,325%/an.

Poche 3 — Les produits de rendement : diversifier pour performer

Le fonds obligataire

Le fonds obligataire investit dans un portefeuille d'obligations (d'État, d'entreprises investment grade ou high yield) géré par une équipe de gestion professionnelle. Il offre une liquidité de quelques jours (J+2 à J+5) et une diversification immédiate sur de nombreux émetteurs.

Rendement indicatif 2026 : ~4,60%/an pour les fonds obligataires investment grade. Horizon recommandé : 3 à 5 ans. Risque : variation quotidienne de la valeur liquidative selon les taux d'intérêt et les spreads de crédit, sans garantie de capital. Ticket minimum chez Hedg : dès 100 000€.

Avantage par rapport au CAT : rendement supérieur de 1,5 point environ, liquidité en quelques jours (contre 32 jours de préavis pour un CAT). Inconvénient : risque de marché quotidien et absence de capital garanti.

La note à taux fixe (NTF)

La note à taux fixe est un produit structuré émis par une banque de premier rang qui verse un coupon fixe inconditionnel à intervalles réguliers et rembourse le capital à maturité. Sa différence fondamentale avec le CLN : le coupon n'est soumis à aucune condition liée à une entité de référence tierce. Tant que la banque émettrice est solvable, le coupon est garanti quelles que soient les conditions de marché.

Deux variantes principales : la note bullet, dont la durée est fixée contractuellement sans possibilité de remboursement anticipé par l'émetteur, et la note callable, que l'émetteur peut rembourser à des dates prédéfinies à son initiative. La note callable offre un coupon plus élevé pour rémunérer l'incertitude sur la durée effective.

Rendement indicatif 2026 : 4% à 6%/an selon la durée, le type (bullet ou callable) et la qualité de crédit de l'émetteur. Horizon recommandé : 3 à 12 ans. Le TRA (Taux de Rendement Annuel) affiché doit être lu net des frais intégrés dans le prix d'émission, vérifiez systématiquement le Document d'Informations Clés (DIC) avant toute souscription.

Risque de crédit unique. Contrairement au CLN qui expose à deux risques (émetteur + entité de référence), la note à taux fixe n'expose qu'à un seul risque : celui de l'émetteur. En contrepartie, son rendement est légèrement inférieur à celui d'un CLN de même durée et de même qualité.

Le Credit Linked Note (CLN)

Le CLN est un produit structuré de crédit qui verse un coupon fixe connu à la souscription, en contrepartie d'une exposition à un risque de crédit conditionnel sur une entité de référence investment grade (banque, grande entreprise européenne). En l'absence d'événement de crédit sur cette entité, le capital est remboursé intégralement à maturité.

Rendement indicatif 2026 : 4,50% à 7%/an selon l'entité de référence, la durée et le type de CLN. Horizon : 2 à 7 ans. Différence clé avec un fonds obligataire : aucune fluctuation quotidienne de valeur, coupon fixe contractuel connu dès la souscription. Différence avec le CAT : rendement supérieur mais risque conditionnel de perte de capital en cas d'événement de crédit. Ticket minimum chez Hedg : dès 100 000€.

Le contrat de capitalisation personne morale

Le contrat de capitalisation est l'enveloppe de placement la plus adaptée à la trésorerie excédentaire structurelle d'une entreprise ou holding à l'IS sur un horizon de 3 ans et plus. Il permet d'accéder à une large palette de supports (fonds monétaires, fonds obligataires, fonds actions, CLN, SCPI) avec une caractéristique fiscale clé : les arbitrages entre supports ne déclenchent aucune imposition immédiate.

Fiscalité IS spécifique (article 238 septies E CGI) : chaque année, la société intègre à son résultat une base forfaitaire égale à 105% du TME (Taux Moyen des Emprunts d'État) fixé à la souscription. En 2026, le TME est d'environ 3,58%, ce qui donne une base imposable annuelle de 3,76% du capital. Si le contrat performe au-delà de cette base, la fiscalité IS effective est inférieure à la fiscalité réelle. C'est l'enveloppe la plus efficiente pour les holdings et SPFPL qui ont des horizons de placement longs.

Produit Hedg : contrat de capitalisation AG2R La Mondiale, en gestion pilotée (3 profils : Prudent, Équilibré, Dynamique) ou libre. Frais : 1%/an de frais de gestion, 0% frais d'entrée, de sortie et d'arbitrage. Dès 20 000€.

La SCPI en pleine propriété

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent d'investir dans l'immobilier professionnel (bureaux, commerces, logistique, santé, résidentiel européen) de façon indirecte et totalement déléguée. La société acquiert des parts et perçoit des revenus trimestriels proportionnels à son investissement, sans aucune contrainte de gestion directe.

Rendement indicatif 2026 : 4% à 7% selon les SCPI, avec une médiane autour de 5%/an. Horizon minimum recommandé : 8 ans, compte tenu des frais d'entrée (8% à 12%). Liquidité : limitée, avec un marché secondaire organisé mais sans garantie de prix.

Fiscalité IS : les revenus sont intégrés au résultat IS de la société, sans prélèvements sociaux. Pour les SCPI investies à l'étranger, les loyers sont imposés dans le pays de situation de l'immeuble et neutralisés en France via un mécanisme d'élimination de la double imposition, ce qui allège significativement la fiscalité effective.

L'usufruit temporaire de parts de SCPI

L'usufruit temporaire est une stratégie particulièrement adaptée aux sociétés à l'IS. La société acquiert l'usufruit de parts de SCPI pour une durée déterminée (5 à 10 ans), perçoit les loyers correspondants, et bénéficie d'un traitement comptable favorable : le coût d'acquisition de l'usufruit est amortissable sur sa durée de vie, ce qui réduit la base imposable IS et améliore significativement le rendement net.

Rendement net IS indicatif : 6% à 8%/an sur un horizon de 10 ans, selon les SCPI sélectionnées et la fiscalité applicable. En contrepartie, l'usufruit ne donne aucun droit au capital à l'échéance : la société n'investit pas pour récupérer un capital, mais pour percevoir des revenus réguliers pendant la durée choisie. Ticket minimum chez Hedg : dès 20 000€.

Le private equity

Le private equity permet d'investir dans des entreprises non cotées, directement ou via des fonds (FCPR, FPCI). C'est la poche qui offre le plus fort potentiel de rendement long terme, au prix d'une illiquidité totale pendant la durée du fonds.

Rendement indicatif : TRI cible de 8% à 12%/an selon les fonds. Horizon : 5 à 10 ans. Risque : risque de perte en capital significatif, aucune liquidité intermédiaire. Cette poche ne convient qu'à une trésorerie structurellement excédentaire sur le très long terme, dont l'entreprise est certaine de ne pas avoir besoin avant le terme du fonds. Ticket minimum chez Hedg : dès 20 000€.

Fiscalité IS des placements de trésorerie : le vrai rendement net

Pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés, tous les revenus financiers générés par les placements s'ajoutent au résultat imposable de l'exercice. Ils sont imposés au taux IS applicable : 15% jusqu'à 42 500€ de résultat fiscal, 25% au-delà.

Calcul du rendement net IS pour les produits courants :

Produit Rendement brut 2026 Net IS 15% Net IS 25% Horizon
Fonds monétaire ~2,50% 2,125% 1,875% Quotidien
CAT 12 mois ~2,70% 2,295% 2,025% 12 mois
CAT 24 mois ~3,10% 2,635% 2,325% 24 mois
Fonds obligataire ~4,60% 3,910% 3,450% 3 à 5 ans
CLN investment grade 4,5% à 7% 3,825% à 5,95% 3,375% à 5,25% 2 à 7 ans
Contrat capitalisation Variable Base IS forfaitaire (105% TME) 3 ans et plus


L'avantage IS de capitaliser plutôt que distribuer.
Pour un président de SASU qui hésite entre garder la trésorerie dans la société ou la distribuer en dividendes pour la placer personnellement : la société IS à 25% est généralement plus efficiente que la flat tax de 30% sur les dividendes. Sur un placement à 3%/an, le rendement net IS en société est de 2,25% contre 2,10% net flat tax sur dividendes. La capitalisation dans la société est la stratégie dominante dans la majorité des cas.

Placement de trésorerie selon votre structure juridique

PME opérationnelle (SARL, SAS, SA)

Une PME opérationnelle a typiquement une trésorerie variable, liée à la saisonnalité de son activité et à son cycle de facturation. La poche 1 (fonds monétaire) est indispensable pour couvrir les fluctuations opérationnelles. La poche 2 (CAT échelonnés) convient à la fraction stable. La poche 3 ne s'ouvre qu'une fois les deux premières bien dimensionnées, généralement à partir de 150 000€ à 200 000€ d'excédent structurel.

Consultant en SASU, EURL ou SARL

Le consultant a une spécificité importante : une fraction significative de son solde bancaire est en réalité déjà consommée par des provisions pour charges (IS, cotisations sociales, TVA). La première étape est donc de calculer son excédent réellement disponible avant de placer quoi que ce soit. Une fois cet excédent identifié, l'allocation classique est : fonds monétaire pour les provisions, CAT 6-12 mois pour la réserve de précaution, contrat de capitalisation ou fonds obligataire pour la poche long terme.

Holding et SPFPL

La holding IS est le profil le plus avantageux pour les placements long terme. Sa trésorerie provient principalement du régime mère-fille (remontée de dividendes depuis la filiale avec une imposition effective de 1,25%), ce qui en fait une trésorerie faiblement fiscalisée à l'origine. Son horizon structurel est long, sans besoin opérationnel immédiat, ce qui ouvre naturellement la porte aux produits de la poche 3 : contrat de capitalisation, CLN, SCPI, private equity.

Pour une SPFPL de profession libérale (médecin, avocat, pharmacien), la même logique s'applique avec une vigilance sur la compatibilité des placements avec l'objet social de la structure.

SEL (SELARL, SELAS)

La société d'exercice libérale a un profil intermédiaire : elle a des besoins opérationnels importants (charges sociales ordinales, cotisations CARMF ou CARPIMKO, charges de structure) mais peut générer un excédent significatif si la rémunération du praticien est optimisée. La trésorerie excédentaire d'une SEL mérite d'être structurée selon les mêmes 3 poches, avec une attention particulière au dimensionnement de la poche 1 pour couvrir les appels de cotisations.

SCI à l'IS

Une SCI soumise à l'IS peut souscrire un contrat de capitalisation en accédant à la gamme complète incluant les fonds euros, ce qui n'est pas le cas des sociétés commerciales à l'IS dont la part d'activité commerciale dépasse 10%. C'est un avantage structurel notable pour les SCI à vocation patrimoniale.

Association

Les associations peuvent accéder aux mêmes produits de placement que les personnes morales commerciales : fonds monétaires, CAT, fonds obligataires, contrat de capitalisation. La prudence est de rigueur sur la poche 3 : les statuts et les obligations déontologiques de certaines associations limitent l'appétit au risque acceptable.

Quatre critères pour choisir le bon placement

Critère 1 — L'horizon de disponibilité. C'est le critère le plus important. Placer sur un CAT de 24 mois une trésorerie dont vous aurez besoin dans 9 mois crée un risque de liquidité réel. Alignez toujours la durée du placement sur la durée pendant laquelle vous êtes certain de ne pas avoir besoin des fonds.

Critère 2 — Le niveau de risque acceptable. La garantie en capital du FGDR est limitée à 100 000€ par établissement. Pour les montants supérieurs, il faut choisir entre la multi-bancaire (plusieurs CAT dans plusieurs établissements pour maintenir la couverture FGDR), ou accepter un risque de contrepartie non couvert en contrepartie d'un meilleur rendement.

Critère 3 — La fiscalité IS. Le rendement brut affiché n'est jamais le rendement réel pour une société IS. Calculez toujours le rendement net IS avant de comparer deux produits. Le taux applicable dépend du résultat fiscal global de votre société.

Critère 4 — Les frais et les conditions contractuelles. Les pénalités de sortie anticipée d'un CAT, les frais de gestion d'un fonds, les frais d'entrée d'une SCPI : tous ces éléments impactent le rendement final. Lisez les conditions générales et demandez le taux de rendement actuariel net de frais avant toute souscription.

Pourquoi passer par un CIF agréé plutôt que par votre banque ?

Votre banque ne vous appellera jamais pour vous proposer un CAT dans un établissement concurrent qui offre un meilleur taux. Ce n'est pas son intérêt. Elle vous proposera ses propres produits, dans un catalogue restreint à son offre maison, sans mise en concurrence.

Un conseiller en investissements financiers (CIF) agréé AMF n'est pas adossé à un seul établissement. Son rôle est de mettre en concurrence plusieurs banques et prestataires pour trouver les meilleures conditions selon votre profil et vos besoins. C'est ce qu'on appelle l'architecture ouverte.

Les avantages concrets :

Pour un CAT, accéder à plusieurs dizaines de banques partenaires permet de comparer les taux en temps réel sur la même durée et le même montant. L'écart entre le taux le plus bas et le taux le plus élevé peut atteindre 0,5 à 0,8 point sur une même durée : sur 300 000€ placés 24 mois, c'est 3 000 à 4 800€ de différence.

Pour un contrat de capitalisation, la sélection des fonds disponibles et la qualité de la gestion pilotée varient significativement d'un distributeur à l'autre. Un CIF indépendant sélectionne le contrat le mieux adapté à votre profil sans être contraint par son offre maison.

Pour les CLN et produits structurés, l'accès aux meilleures structures nécessite un agrément CIF et une connaissance du marché primaire. Ces produits ne sont pas accessibles directement en agence bancaire.

Le CIF est rémunéré par les établissements financiers qui distribuent leurs produits via lui, et non par des frais facturés directement à l'entreprise. Sa prestation est gratuite pour l'entreprise cliente.

FAQ — Placement de trésorerie d'entreprise

Comment placer la trésorerie de son entreprise en 2026 ?
La méthode en 3 étapes : calculer l'excédent réellement disponible (solde bancaire minus BFR, provisions charges, réserve de précaution), structurer selon les 3 poches (fonds monétaire pour la liquidité, CAT pour la sécurité, produits diversifiés pour le rendement), puis choisir les produits adaptés à chaque poche selon l'horizon et le profil de risque. En 2026, les fonds monétaires offrent ~2,50%/an, les CAT jusqu'à 3,10%/an, et les fonds obligataires ~4,60%/an.

Quel est le meilleur placement pour la trésorerie d'une PME en 2026 ?
Il n'existe pas de meilleur placement universel, mais une allocation optimale selon l'horizon. Pour la poche liquide : fonds monétaire (~2,50%/an, disponibilité J+1). Pour la poche sécurisée : CAT échelonnés sur plusieurs durées et plusieurs établissements (~2,70% à 3,10%/an). Pour la poche de rendement : fonds obligataires, CLN ou contrat de capitalisation selon la durée et l'appétit au risque.

Combien peut-on réellement placer dans la trésorerie de son entreprise ?
Le montant placeable est toujours inférieur au solde bancaire brut. Il faut déduire le BFR, les provisions pour charges imminentes (IS, TVA, cotisations sociales), la réserve de précaution (1 à 3 mois de charges fixes) et les fonds réservés à des projets identifiés. Ce qui reste est la trésorerie réellement excédentaire et disponible pour un placement.

Quelle fiscalité IS sur les placements de trésorerie d'entreprise ?
Tous les revenus financiers (intérêts de CAT, variation de valeur liquidative d'un fonds, coupons d'obligations) sont intégrés au résultat IS de l'exercice de perception. Ils sont imposés au taux IS applicable : 15% jusqu'à 42 500€ de résultat fiscal, 25% au-delà. Le rendement net IS à 25% d'un fonds monétaire à 2,50% est donc de 1,875%/an. Exception : le contrat de capitalisation applique une base forfaitaire annuelle de 105% du TME, indépendante des revenus réels.

Faut-il passer par sa banque ou par un CIF pour placer la trésorerie de son entreprise ?
Un CIF agréé AMF à architecture ouverte donne accès à plusieurs dizaines de banques partenaires en concurrence, contre le catalogue restreint d'une seule banque. Sur un CAT, l'écart de taux entre le meilleur et le moins bon établissement peut atteindre 0,5 à 0,8 point. Sur 300 000€ placés 24 mois, cela représente 3 000 à 4 800€ de différence. La prestation d'un CIF est gratuite pour l'entreprise, rémunérée par les établissements distributeurs.

Peut-on placer la trésorerie d'une holding ou d'une SPFPL ?
Oui, et c'est même le profil le plus avantageux : la trésorerie d'une holding provient généralement du régime mère-fille (imposition effective de 1,25% à la remontée), son horizon est structurellement long, et elle n'a pas de contrainte opérationnelle immédiate. Le contrat de capitalisation, les CLN et les SCPI sont particulièrement adaptés à ce profil. Pour une SPFPL, les placements doivent rester accessoires par rapport à l'activité principale de détention de participations dans des SEL.

Conclusion

Placer la trésorerie d'une entreprise en 2026 n'est pas une décision complexe si elle est abordée avec la bonne méthode. Trois étapes suffisent.

La première est de calculer son excédent réellement disponible, après déduction du BFR, des provisions pour charges, de la réserve de précaution et des projets d'investissement identifiés. La deuxième est de structurer cet excédent selon les 3 poches : fonds monétaire pour la liquidité quotidienne, CAT échelonnés multi-bancaires pour la sécurité à moyen terme, produits diversifiés pour la poche de rendement. La troisième est de choisir les bons produits pour chaque poche, selon l'horizon réel, le profil de risque de la société et sa fiscalité IS.

Les rendements disponibles en 2026 sont les plus élevés depuis une décennie pour les produits sécurisés. C'est précisément le moment où le coût de l'inaction est le plus élevé, et où une allocation bien structurée fait la différence la plus significative.

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Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Chaque situation est spécifique. Hedg est conseiller en investissements financiers agréé AMF, ORIAS n° 23004993, Anacofi.

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