Placement de trésorerie d'entreprise : guide complet des solutions 2026
Chaque année en France, près de 600 milliards d'euros de trésorerie d'entreprise stagnent sur des comptes courants non rémunérés ou sur des comptes à terme ouverts il y a deux ans dans la banque habituelle, sans que personne ne se soit posé la question de savoir si c'était encore la meilleure option. Ce n'est ni de la négligence ni de l'imprudence : c'est simplement que la gestion des placements de trésorerie n'est pas le métier principal d'un dirigeant de PME, d'un président de SASU ou d'un médecin en SPFPL.
Ce guide a un objectif simple : vous donner, en un seul article, l'ensemble des informations nécessaires pour comprendre quels produits existent, lesquels correspondent à quel horizon et quel profil de risque, ce qu'ils rapportent réellement après IS en 2026, et comment structurer une allocation cohérente selon la taille et la forme juridique de votre société.
Qu'est-ce que la trésorerie d'entreprise ? Définition et identification de l'excédent réel
Trésorerie d'exploitation et trésorerie excédentaire : une distinction essentielle
La trésorerie d'une entreprise regroupe l'ensemble des liquidités disponibles sur ses comptes bancaires. Mais toutes ces liquidités ne sont pas disponibles pour être placées. Il faut distinguer deux composantes fondamentales.
La trésorerie d'exploitation correspond aux fonds nécessaires au fonctionnement courant : paiement des fournisseurs, des salaires, des cotisations sociales, de la TVA et des acomptes d'IS. Elle doit rester liquide et disponible à tout moment, sans aucune contrainte de blocage.
La trésorerie excédentaire est la fraction qui dépasse ces besoins opérationnels. Elle représente des bénéfices mis en réserve, des fonds levés non encore déployés, ou simplement des liquidités accumulées au fil des exercices. C'est sur cette seule fraction que portent les stratégies de placement.
Comment calculer son excédent réellement disponible
Avant de placer quoi que ce soit, le calcul de l'excédent réel est indispensable. Il s'effectue en soustrayant du solde bancaire brut quatre éléments successifs.
Le besoin en fonds de roulement (BFR). Calculé à partir du bilan (créances clients et stocks, moins dettes fournisseurs), il représente la trésorerie structurellement mobilisée par le cycle d'exploitation. Il doit rester disponible en permanence.
Les charges prévisibles à court terme. IS (acomptes trimestriels), TVA collectée à reverser, cotisations sociales, salaires des deux prochains mois. Ces montants sont connus et ne peuvent pas être bloqués dans un placement.
La réserve de précaution. Un matelas pour absorber les imprévus : retard de paiement client, dépense exceptionnelle, opportunité d'investissement. La règle usuelle est 1 à 3 mois de charges fixes selon la visibilité de l'activité.
Les projets d'investissement identifiés. Si un investissement est planifié dans les 12 à 18 mois, les fonds correspondants doivent rester disponibles et ne peuvent pas être engagés dans un placement bloquant.
Ce qui reste après ces quatre déductions est la trésorerie réellement excédentaire et placeable. Elle est presque toujours inférieure au solde bancaire apparent, mais c'est sur elle seule que s'appliquent les stratégies de placement décrites dans ce guide.
Le coût réel de l'inaction : ce que coûte une trésorerie sur compte courant
La plupart des comptes courants professionnels en France sont rémunérés à 0 %. Le taux de la facilité de dépôt de la BCE est de 2,50 % depuis le 16/09/2026. À cette date de relevé, les fonds monétaires offrent un rendement indicatif d'environ 2,50 % par an, et les comptes à terme proposés par Hedg 3,15 % à 12 mois selon la grille du 12/10/2026. L'écart entre ce que rapporte un placement simple et ce que rapporte un compte courant représente un manque à gagner réel, mesurable et souvent sous-estimé.
Exemple de manque à gagner annuel, par montant de trésorerie :
Exemple indicatif fondé sur un rendement hypothétique constant de 2,50 % par an, relevé le 27/10/2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Ces montants sont indicatifs : ils supposent un rendement constant de 2,50 % par an et un IS à 25 %, sans garantie de rendement futur. Sur 3 ans avec intérêts composés, le manque à gagner est encore plus élevé.
Pour approfondir ce calcul, consultez notre article dédié : Trésorerie d'entreprise sur compte courant : combien ça coûte vraiment ?
La règle des 3 poches : la méthode pour bien structurer sa trésorerie d'entreprise
La première erreur des dirigeants qui décident de placer leur trésorerie est de la traiter comme un bloc homogène. "J'ai 400 000 € : où les mettre ?" Cette question n'a pas de bonne réponse, parce qu'elle oublie un paramètre fondamental : ces 400 000 € ne sont pas tous disponibles sur le même horizon.
La méthode des 3 poches résout ce problème en structurant la trésorerie selon trois compartiments, chacun avec ses critères et ses produits adaptés.
Poche 1 : Trésorerie liquide (fonds monétaire). Elle couvre les besoins immédiats et les provisions pour charges à court terme. Critère : disponibilité rapide. Produit : fonds monétaire. Rendement indicatif : environ 2,50 % par an au 27/10/2026, sans garantie. À titre d'exemple, cette poche représente souvent 15 % à 25 % de la trésorerie.
Poche 2 : Trésorerie sécurisée (compte à terme). Elle couvre la fraction dont on n'a pas besoin avant 3 à 24 mois, à une date identifiable. Critère : taux fixé à la souscription, dépôt couvert par le FGDR dans la limite de 100 000 € par déposant et par établissement. Produit : comptes à terme échelonnés sur plusieurs durées et plusieurs établissements. Rendement indicatif : 2,75 % à 6 mois et 3,15 % à 12 mois selon la grille Hedg du 12/10/2026. À titre d'exemple, cette poche représente souvent 40 % à 60 % de la trésorerie.
Poche 3 : Trésorerie de rendement (produits diversifiés). Elle couvre la trésorerie structurellement excédentaire sur 3 ans et plus. Critère : rendement recherché en contrepartie d'un risque de perte en capital. Produits : fonds obligataires, CLN, contrat de capitalisation, SCPI, private equity. Rendement indicatif : de l'ordre de 4 % à 6 % par an selon les supports, sans garantie. À titre d'exemple, cette poche représente souvent 20 % à 40 % de la trésorerie. Ces répartitions sont des ordres de grandeur, et non une recommandation : elles dépendent de la situation de chaque entreprise.
Pour une analyse complète de cette méthode avec des exemples chiffrés par taille d'entreprise, consultez notre guide sur la règle des 3 poches.
Les produits de placement de trésorerie d'entreprise : guide complet 2026
Poche 1 : le fonds monétaire, liquidité quotidienne
Le fonds monétaire est le premier produit à ouvrir pour toute entreprise qui cherche à faire travailler sa trésorerie. Son rendement suit en principe l'€STR et les taux du marché monétaire au jour le jour.
Caractéristiques : liquidité en général quotidienne, risque faible mais capital non garanti, rendement lié aux taux de la BCE. Au 27/10/2026, les fonds monétaires affichent un rendement indicatif d'environ 2,50 % par an. Ticket minimum chez Hedg : dès 100 000 €.
Fiscalité IS : les revenus du fonds monétaire (variation de valeur liquidative) sont intégrés au résultat IS de l'exercice de constatation. Rendement net IS à 25 % : ~1,875 % par an. Au taux réduit de 15 %, applicable aux PME éligibles dans la limite du plafond de bénéfice prévu par la loi : environ 2,125 % par an.
Cas d'usage : provisions pour charges (IS, TVA, cotisations sociales), réserve de précaution, trésorerie opérationnelle entre deux encaissements. Toute fraction de trésorerie dont on pourrait avoir besoin dans les 30 jours suivants appartient à cette poche.
Poche 2 : le compte à terme (CAT), taux fixe et garantie des dépôts
Le compte à terme est le placement bancaire le plus simple et le plus lisible. L'entreprise immobilise une somme pendant une durée déterminée (de 1 mois à 7 ans) en échange d'un taux fixé contractuellement à la souscription.
Caractéristiques : dépôt couvert par le FGDR dans la limite de 100 000 € par déposant et par établissement, taux connu à l'avance, absence de risque de marché, aucune fluctuation comptable. Selon la grille Hedg relevée le 12/10/2026, les taux atteignent 2,75 % à 6 mois et 3,15 % à 12 mois ; les taux en vigueur sont publiés sur la page des taux des comptes à terme pour entreprises.
La règle du FGDR et la multi-bancaire. Au-delà de 100 000 € dans un seul établissement, la fraction excédentaire n'est plus couverte. Pour une trésorerie de 300 000 € placée en CAT, il faut répartir sur au moins 3 établissements distincts pour que chaque dépôt reste dans la limite de couverture. C'est précisément ce que permet une plateforme à architecture ouverte donnant accès à plusieurs banques partenaires depuis une interface unique.
L'échelonnement (laddering). Plutôt qu'un seul CAT de longue durée, l'échelonnement consiste à répartir sur plusieurs CAT de durées différentes : 6 mois, 12 mois, 18 mois, 24 mois. Cette stratégie assure une disponibilité de capital régulière, réduit l'exposition au risque de taux et permet de réinvestir à chaque échéance aux conditions du marché.
Fiscalité IS : les intérêts sont intégrés au résultat IS de l'exercice de perception. Exemple : un compte à terme de 12 mois à 3,15 % procure un rendement net d'IS à 25 % de 2,3625 % par an ; à 6 mois et 2,75 %, de 2,0625 % par an.
Poche 3 : les produits de rendement
Le fonds obligataire
Le fonds obligataire investit dans un portefeuille d'obligations (d'État, d'entreprises investment grade ou high yield) géré par une équipe de gestion professionnelle. Il offre une liquidité de quelques jours (J+2 à J+5) et une diversification immédiate sur de nombreux émetteurs.
Rendement indicatif : environ 4,60 % par an pour les fonds obligataires investment grade proposés par Hedg au 27/10/2026, sans garantie. Horizon recommandé : 3 à 5 ans. Risque : variation quotidienne de la valeur liquidative selon les taux d'intérêt et les spreads de crédit, sans garantie de capital. Ticket minimum chez Hedg : dès 100 000 €.
Avantage par rapport au CAT : rendement supérieur d'environ 1,5 point à la date de relevé, liquidité en quelques jours (contre 32 jours au plus pour la sortie anticipée d'un compte à terme proposé par Hedg). Inconvénient : risque de marché quotidien et absence de capital garanti.
La note à taux fixe (NTF)
La note à taux fixe est un produit structuré émis par une banque de premier rang qui verse un coupon fixe inconditionnel à intervalles réguliers et rembourse le capital à maturité. Sa différence fondamentale avec le CLN : le coupon n'est soumis à aucune condition liée à une entité de référence tierce. Le coupon est versé quelles que soient les conditions de marché, sous réserve de la solvabilité de la banque émettrice.
Deux variantes principales : la note bullet, dont la durée est fixée contractuellement sans possibilité de remboursement anticipé par l'émetteur, et la note callable, que l'émetteur peut rembourser à des dates prédéfinies à son initiative. La note callable offre un coupon plus élevé pour rémunérer l'incertitude sur la durée effective.
Rendement indicatif : 4 % à 6 % de coupon par an au 27/10/2026, selon la durée, le type (bullet ou callable) et la qualité de crédit de l'émetteur. Horizon recommandé : 3 à 12 ans. Les frais, intégrés au prix d'émission, et les scénarios de performance figurent dans le document d'informations clés (DIC), à lire avant toute souscription. La note n'est pas couverte par le FGDR.
Risque de crédit unique. Contrairement au CLN qui expose à deux risques (émetteur + entité de référence), la note à taux fixe n'expose qu'à un seul risque : celui de l'émetteur. En contrepartie, son rendement est légèrement inférieur à celui d'un CLN de même durée et de même qualité.
Le Credit Linked Note (CLN)
Le CLN est un produit structuré de crédit qui verse un coupon fixe connu à la souscription, en contrepartie d'une exposition à un risque de crédit conditionnel sur une entité de référence investment grade (banque, grande entreprise européenne). En l'absence d'événement de crédit sur cette entité et de défaut de la banque émettrice, le capital est remboursé à maturité.
Rendement indicatif : 4,5 % à 7 % de coupon par an au 27/10/2026 selon l'entité de référence, la durée et le type de CLN. Horizon : 2 à 7 ans. Différence clé avec un fonds obligataire : aucune fluctuation quotidienne de valeur, coupon fixe contractuel connu dès la souscription. Différence avec le CAT : rendement supérieur mais risque de perte en capital en cas d'événement de crédit, sans couverture du FGDR. Ticket minimum chez Hedg : dès 100 000 €.
Le contrat de capitalisation personne morale
Le contrat de capitalisation est une enveloppe de placement adaptée à la trésorerie excédentaire structurelle d'une entreprise ou holding à l'IS sur un horizon de 3 ans et plus. Il permet d'accéder à une large palette de supports (fonds monétaires, fonds obligataires, fonds actions, CLN, SCPI) avec une caractéristique fiscale clé : les arbitrages entre supports ne déclenchent aucune imposition immédiate.
Fiscalité IS spécifique (article 238 septies E CGI) : chaque année, la société intègre à son résultat une base forfaitaire égale à 105 % du TME (Taux Moyen des Emprunts d'État) fixé à la souscription. Le TME est publié chaque mois ; à titre d'exemple, un TME de 3,58 % donne une base imposable annuelle de 3,76 % des sommes investies. Si le contrat performe au-delà de cette base, l'imposition effective est inférieure à celle du rendement réel, et inversement. Cette enveloppe est souvent utilisée par les holdings et SPFPL qui ont des horizons de placement longs.
Produit Hedg : contrat de capitalisation AG2R La Mondiale, en gestion pilotée (3 profils : Prudent, Équilibré, Dynamique) ou libre. Frais : 1 % par an de frais de gestion, 0 % frais d'entrée, de sortie et d'arbitrage. Dès 20 000 €, selon les conditions relevées le 27/10/2026.
La SCPI en pleine propriété
Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent d'investir dans l'immobilier professionnel (bureaux, commerces, logistique, santé, résidentiel européen) de façon indirecte et totalement déléguée. La société acquiert des parts et perçoit des revenus trimestriels proportionnels à son investissement, sans aucune contrainte de gestion directe.
Rendement indicatif : 4 % à 7 % brut par an selon les SCPI, sans garantie de revenus ni de capital. Horizon minimum recommandé : 8 ans, compte tenu des frais d'entrée (8 % à 12 %). Liquidité : limitée, avec un marché secondaire organisé mais sans garantie de prix.
Fiscalité IS : les revenus sont intégrés au résultat IS de la société, sans prélèvements sociaux. Pour les SCPI investies à l'étranger, les loyers sont imposés dans le pays de situation de l'immeuble et neutralisés en France via un mécanisme d'élimination de la double imposition, ce qui peut alléger la fiscalité effective selon les conventions fiscales applicables.
L'usufruit temporaire de parts de SCPI
L'usufruit temporaire est une stratégie particulièrement adaptée aux sociétés à l'IS. La société acquiert l'usufruit de parts de SCPI pour une durée déterminée (5 à 10 ans), perçoit les loyers correspondants, et bénéficie d'un traitement comptable favorable : le coût d'acquisition de l'usufruit est amortissable sur sa durée de vie, ce qui réduit la base imposable à l'IS.
Point d'attention : l'usufruit ne donne aucun droit au capital à l'échéance : la société n'investit pas pour récupérer un capital, mais pour percevoir des revenus réguliers pendant la durée choisie. Ticket minimum chez Hedg : dès 20 000 €.
Le private equity
Le private equity permet d'investir dans des entreprises non cotées, directement ou via des fonds (FCPR, FPCI). C'est la poche qui offre le plus fort potentiel de rendement long terme, au prix d'une illiquidité totale pendant la durée du fonds.
Rendement indicatif : les fonds de private equity visent en général un TRI compris entre 6 % et 12 % par an ; les fonds sélectionnés par Hedg visent un TRI de 6 % à 8 % par an, sans garantie. Horizon : 5 à 10 ans. Risque : risque de perte en capital significatif, aucune liquidité intermédiaire. Cette poche ne convient qu'à une trésorerie structurellement excédentaire sur le très long terme, dont l'entreprise est certaine de ne pas avoir besoin avant le terme du fonds. Ticket minimum chez Hedg : dès 20 000 €.
Fiscalité IS des placements de trésorerie : le vrai rendement net
Pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés, tous les revenus financiers générés par les placements s'ajoutent au résultat imposable de l'exercice. Ils sont imposés au taux normal de 25 %, ou au taux réduit de 15 % pour les PME éligibles dans la limite du plafond de bénéfice prévu par la loi. Les parts de fonds relèvent en principe de l'article 209-0 A du Code général des impôts, qui impose chaque année l'écart de valeur liquidative.
Calcul du rendement net IS pour les produits courants :
Rendements indicatifs relevés le 27/10/2026 (grille des comptes à terme Hedg du 12/10/2026), avant frais. Hors comptes à terme, le capital n'est pas garanti.
L'avantage IS de capitaliser plutôt que distribuer. Pour un président de SASU qui hésite entre garder la trésorerie dans la société ou la distribuer en dividendes pour la placer personnellement : l'imposition des revenus du placement à l'IS de 25 % est en général plus légère que le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en vigueur depuis le 01/01/2026. Exemple fictif : sur un placement à 3 % par an, le rendement net est de 2,25 % en société contre environ 2,06 % à titre personnel, sans compter l'imposition de la distribution elle-même. Le choix dépend toutefois de la situation de chaque dirigeant et se valide avec l'expert-comptable.
Placement de trésorerie selon votre structure juridique
PME opérationnelle (SARL, SAS, SA)
Une PME opérationnelle a typiquement une trésorerie variable, liée à la saisonnalité de son activité et à son cycle de facturation. La poche 1 (fonds monétaire) est indispensable pour couvrir les fluctuations opérationnelles. La poche 2 (CAT échelonnés) convient à la fraction stable. La poche 3 ne s'ouvre qu'une fois les deux premières bien dimensionnées, généralement à partir de 150 000 € à 200 000 € d'excédent structurel.
Consultant en SASU, EURL ou SARL
Le consultant a une spécificité importante : une fraction significative de son solde bancaire est en réalité déjà consommée par des provisions pour charges (IS, cotisations sociales, TVA). La première étape est donc de calculer son excédent réellement disponible avant de placer quoi que ce soit. Une fois cet excédent identifié, l'allocation classique est : fonds monétaire pour les provisions, CAT 6-12 mois pour la réserve de précaution, contrat de capitalisation ou fonds obligataire pour la poche long terme.
Holding et SPFPL
La holding IS est le profil le plus avantageux pour les placements long terme. Sa trésorerie provient principalement du régime mère-fille (remontée de dividendes depuis la filiale avec une imposition effective de 1,25 %), ce qui en fait une trésorerie faiblement fiscalisée à l'origine. Son horizon structurel est long, sans besoin opérationnel immédiat, ce qui ouvre naturellement la porte aux produits de la poche 3 : contrat de capitalisation, CLN, SCPI, private equity.
Pour une SPFPL de profession libérale (médecin, avocat, pharmacien), la même logique s'applique avec une vigilance sur la compatibilité des placements avec l'objet social de la structure.
SEL (SELARL, SELAS)
La société d'exercice libérale a un profil intermédiaire : elle a des besoins opérationnels importants (charges sociales ordinales, cotisations CARMF ou CARPIMKO, charges de structure) mais peut générer un excédent significatif si la rémunération du praticien est optimisée. La trésorerie excédentaire d'une SEL mérite d'être structurée selon les mêmes 3 poches, avec une attention particulière au dimensionnement de la poche 1 pour couvrir les appels de cotisations.
SCI à l'IS
Une SCI soumise à l'IS peut souscrire un contrat de capitalisation. Les conditions d'accès au fonds en euros varient selon les assureurs, et les sociétés civiles y accèdent souvent plus facilement que les sociétés commerciales.
Association
Les associations peuvent accéder aux mêmes produits de placement que les personnes morales commerciales : fonds monétaires, CAT, fonds obligataires, contrat de capitalisation. La prudence est de rigueur sur la poche 3 : les statuts et les obligations déontologiques de certaines associations limitent l'appétit au risque acceptable.
Quatre critères pour choisir le bon placement
Critère 1 : L'horizon de disponibilité. C'est le critère le plus important. Placer sur un CAT de 24 mois une trésorerie dont vous aurez besoin dans 9 mois crée un risque de liquidité réel. Alignez toujours la durée du placement sur la durée pendant laquelle vous êtes certain de ne pas avoir besoin des fonds.
Critère 2 : Le niveau de risque acceptable. La couverture du FGDR est limitée à 100 000 € par déposant et par établissement, et ne concerne que les dépôts. Pour les montants supérieurs, il faut choisir entre la multi-bancaire (plusieurs CAT dans plusieurs établissements pour maintenir la couverture FGDR), ou accepter un risque de contrepartie non couvert en contrepartie d'un meilleur rendement.
Critère 3 : La fiscalité IS. Le rendement brut affiché n'est jamais le rendement réel pour une société IS. Calculez toujours le rendement net IS avant de comparer deux produits. Le taux applicable dépend du résultat fiscal global de votre société.
Critère 4 : Les frais et les conditions contractuelles. Les pénalités de sortie anticipée d'un CAT, les frais de gestion d'un fonds, les frais d'entrée d'une SCPI : tous ces éléments impactent le rendement final. Lisez les conditions générales et demandez le taux de rendement actuariel net de frais avant toute souscription.
Pourquoi passer par un conseiller en investissements financiers plutôt que par sa banque ?
Une banque propose en général ses propres produits, dans un catalogue limité à son offre, sans mise en concurrence avec d'autres établissements.
Un conseiller en investissements financiers (CIF), adhérent d'une association agréée par l'AMF, peut comparer les offres de plusieurs banques et prestataires au regard du profil et des besoins de l'entreprise. C'est ce qu'on appelle l'architecture ouverte.
Les avantages concrets :
Pour un CAT, accéder à plusieurs dizaines de banques partenaires permet de comparer les taux en temps réel sur la même durée et le même montant. Les écarts de taux entre établissements peuvent être significatifs sur une même durée. Exemple fictif : sur 300 000 € placés 24 mois, un écart de 0,5 point représente 3 000 € d'intérêts avant impôt.
Pour un contrat de capitalisation, la sélection des fonds disponibles et la qualité de la gestion pilotée varient significativement d'un distributeur à l'autre. Un conseiller peut comparer plusieurs contrats au regard du profil de la société.
Pour les CLN et produits structurés, l'accès suppose de comparer les émetteurs, les structures et les frais, ce que permet un intermédiaire qui travaille avec plusieurs banques émettrices.
Le mode de rémunération du conseiller est précisé dans les documents remis lors de l'entrée en relation.
Questions fréquentes
Comment placer la trésorerie de son entreprise en 2026 ?
La démarche suit trois étapes. La première consiste à calculer l'excédent réellement disponible, en déduisant du solde bancaire le besoin en fonds de roulement, les charges à venir, la réserve de précaution et les projets identifiés. La deuxième consiste à répartir cet excédent par horizon, selon la règle des 3 poches : liquidité, trésorerie à horizon défini, trésorerie de long terme. La troisième consiste à choisir, pour chaque poche, des supports adaptés, comme les fonds monétaires, les comptes à terme, les fonds obligataires ou le contrat de capitalisation. Hors comptes à terme, le capital n'est pas garanti.
Quel est le meilleur placement pour la trésorerie d'une PME ?
Il n'existe pas de meilleur placement universel : chaque support répond à un horizon et à un niveau de risque. Pour la trésorerie nécessaire à court terme, les fonds monétaires offrent une liquidité rapide, avec un rendement indicatif d'environ 2,50 % au 27/10/2026, sans garantie en capital. Pour une trésorerie disponible à une date connue, les comptes à terme offrent un taux fixé à l'avance, par exemple 3,15 % à 12 mois selon la grille Hedg du 12/10/2026. Pour une trésorerie de long terme, les fonds obligataires ou produits structurés visent davantage, avec un risque de perte en capital.
Combien une entreprise peut-elle réellement placer ?
Le montant plaçable est toujours inférieur au solde bancaire. Il faut en déduire le besoin en fonds de roulement, les charges prévisibles à court terme comme les acomptes d'IS, la TVA à reverser, les cotisations sociales et les salaires, une réserve de précaution correspondant souvent à un à trois mois de charges fixes, ainsi que les fonds destinés à des investissements déjà identifiés. Le solde constitue la trésorerie réellement excédentaire. C'est sur ce seul montant que peuvent porter des placements, en distinguant ensuite les fractions disponibles à court, moyen et long terme.
Quelle fiscalité pour les placements de trésorerie d'une société à l'IS ?
Les revenus des placements, comme les intérêts de comptes à terme et les coupons d'obligations, sont intégrés au résultat imposable et soumis à l'IS au taux normal de 25 %, ou au taux réduit de 15 % pour les PME éligibles dans la limite du plafond de bénéfice. Les parts de fonds, y compris les fonds monétaires, relèvent en principe de l'article 209-0 A du Code général des impôts, qui impose chaque année l'écart de valeur liquidative, même sans cession. Le contrat de capitalisation est imposé sur une base forfaitaire de 105 % du TME constaté à la souscription.
Faut-il passer par sa banque ou par un conseiller pour placer la trésorerie de son entreprise ?
Une banque propose en général ses propres produits, sans mise en concurrence avec d'autres établissements. Un conseiller en investissements financiers, adhérent d'une association agréée par l'AMF, peut comparer les offres de plusieurs banques et prestataires au regard du profil et des besoins de la société, par exemple pour des comptes à terme auprès de plusieurs établissements. Les écarts de taux entre banques peuvent être significatifs sur une même durée. Le mode de rémunération du conseiller et les frais applicables sont précisés dans les documents remis lors de l'entrée en relation.
Peut-on placer la trésorerie d'une holding ou d'une SPFPL ?
Oui. Une holding dispose souvent d'une trésorerie alimentée par les dividendes de ses filiales, qui bénéficient en principe du régime mère-fille, et d'un horizon de placement plus long qu'une société d'exploitation. Elle peut donc envisager, pour la fraction de long terme, des supports comme le contrat de capitalisation, les produits structurés, les SCPI ou le private equity, dont le capital n'est pas garanti. Pour une SPFPL, les placements doivent rester compatibles avec son objet, la détention de participations dans des sociétés d'exercice libéral, et être examinés avec l'expert-comptable.
Conclusion
Placer la trésorerie d'une entreprise en 2026 n'est pas une décision complexe si elle est abordée avec la bonne méthode. Trois étapes suffisent.
La première est de calculer son excédent réellement disponible, après déduction du BFR, des provisions pour charges, de la réserve de précaution et des projets d'investissement identifiés. La deuxième est de structurer cet excédent selon les 3 poches : fonds monétaire pour la liquidité quotidienne, CAT échelonnés multi-bancaires pour la sécurité à moyen terme, produits diversifiés pour la poche de rendement. La troisième est de choisir les bons produits pour chaque poche, selon l'horizon réel, le profil de risque de la société et sa fiscalité IS.
Avec un taux de dépôt de la BCE à 2,50 % depuis le 16/09/2026, une trésorerie laissée sur un compte courant non rémunéré représente un manque à gagner mesurable, que chaque entreprise peut évaluer avec ses propres chiffres.
Pour étudier les solutions adaptées à votre trésorerie, découvrez les placements de trésorerie proposés par Hedg.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les taux mentionnés sont indicatifs et susceptibles d'évoluer. Hors comptes à terme et dépôts bancaires, le capital n'est pas garanti. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Hedg SAS est immatriculée à l'ORIAS sous le n° 23004993 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF), adhérent de l'Anacofi-CIF, association agréée par l'AMF, et de courtier en opérations de banque et en services de paiement.







