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Trésorerie d'entreprise sur compte courant : combien ça coûte vraiment ?

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Trésorerie d'entreprise sur compte courant : combien ça coûte vraiment ?

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Votre entreprise a 200 000€, 500 000€ ou 1M€ sur son compte courant professionnel. Ces fonds ne travaillent pas. La banque ne les rémunère pas, ou si peu que c'est négligeable. Vous le savez, vous vous dites que vous vous en occuperez, et les mois passent.

Ce n'est pas anodin. Laisser de la trésorerie sur un compte courant professionnel non rémunéré a un coût réel, mesurable, qui se chiffre en milliers, parfois en dizaines de milliers, d'euros par an selon les montants concernés. Ce coût n'apparaît nulle part dans votre comptabilité, aucune facture ne vous le présente, et c'est précisément pour ça qu'il est si facile de l'ignorer. Cet article le calcule pour vous.

Un compte courant professionnel ne rémunère pas : ce que ça signifie concrètement

La plupart des comptes courants professionnels en France sont rémunérés à 0%. Certaines néobanques proposent des comptes rémunérés jusqu'à 4% sur les premiers mois (offres promotionnelles plafonnées) puis redescendent à un taux réduit sur un montant limité. Les banques traditionnelles, elles, ne rémunèrent quasiment jamais le compte courant professionnel, quelle que soit la taille de l'entreprise ou le volume de dépôts.

Pourquoi ? Parce que la banque n'a aucune incitation à le faire : tant que vous ne demandez pas, elle utilise votre dépôt pour financer ses propres activités, sans vous en reverser le bénéfice. Ce n'est pas une anomalie, c'est le fonctionnement normal du système bancaire. La rémunération du dépôt n'est jamais automatique : elle s'obtient en changeant de produit (compte à terme, fonds monétaire) ou en le demandant explicitement.

En 2026, le taux de dépôt de la BCE se maintient autour de 2,50%. Cela signifie que les institutions financières qui déposent de l'argent à la BCE perçoivent 2,50%/an. Une partie de cette rémunération est répercutée sur les fonds monétaires (~2,50%/an) et les comptes à terme (~2,30% à 3,30%/an selon la durée). Votre compte courant professionnel, lui, reste à 0%. L'écart entre ce que votre trésorerie pourrait rapporter et ce qu'elle rapporte réellement, c'est exactement le coût de l'inaction.

Le double coût de l'inaction : inflation et coût d'opportunité

Laisser de la trésorerie sur un compte courant a en réalité deux coûts distincts, qui s'additionnent.

Le coût de l'inflation : une perte silencieuse mais réelle

L'inflation mesure la hausse générale des prix. Quand l'inflation est à 2%/an et que votre trésorerie rapporte 0%, votre trésorerie perd 2% de pouvoir d'achat chaque année. Ce n'est pas une perte comptable, elle n'apparaît pas en résultat de l'exercice, mais elle est économiquement réelle.

Concrètement : 300 000€ sur un compte courant à 0%, avec une inflation à 2%, représentent 298 000€ de pouvoir d'achat réel au bout d'un an. Au bout de 3 ans, avec des intérêts composés, cette trésorerie ne vaut plus que l'équivalent de 294 000€ en pouvoir d'achat constant. La perte cumulée sur 3 ans est de 18 000€, uniquement due à l'inflation, avant même de parler de rendement manqué.

Le coût d'opportunité : ce que la trésorerie aurait pu rapporter

C'est le coût le plus important, et le plus facile à chiffrer. Il correspond à la différence entre ce que votre trésorerie aurait rapporté si elle avait été placée sur un produit adapté, et ce qu'elle rapporte effectivement sur votre compte courant (c'est-à-dire zéro).

En 2026, les produits les plus simples et les plus sûrs offrent :

  • Fonds monétaire : ~2,50%/an, liquidité quotidienne, risque quasi-nul
  • Compte à terme 12 mois : jusqu'à 2,70%/an, capital garanti par le FGDR
  • Compte à terme 24 mois : ~3%/an, capital garanti par le FGDR

Ces rendements sont bruts, avant IS. Pour une société soumise à l'IS à 25%, le rendement net IS est d'environ 2,25%/an sur un fonds monétaire et 2,32%/an sur un CAT 24 mois. C'est ce rendement net IS, pas le rendement brut, qui mesure le gain réel pour votre société.

Pour une comparaison détaillée entre fonds monétaire et compte à terme selon votre horizon et vos besoins de liquidité, consultez notre guide dédié.

Les simulations chiffrées : combien perd-on vraiment ?

Voici le calcul du manque à gagner annuel et cumulé selon plusieurs montants de trésorerie, en comparant un compte courant à 0% avec un fonds monétaire à 2,50%/an brut (rendement net IS à 25% : 1,875%/an).

Sur 1 an

Montant Compte courant (0%) Fonds monétaire (2,50% brut) Manque à gagner net IS
100 000€ 0€ 2 500€ brut / 1 875€ net IS 1 875€/an
300 000€ 0€ 7 500€ brut / 5 625€ net IS 5 625€/an
500 000€ 0€ 12 500€ brut / 9 375€ net IS 9 375€/an
1 000 000€ 0€ 25 000€ brut / 18 750€ net IS 18 750€/an

Sur 3 ans, avec intérêts composés

Le manque à gagner s'accélère grâce aux intérêts composés : les revenus de placement génèrent eux-mêmes des revenus supplémentaires. Sur 3 ans, l'écart entre compte courant et fonds monétaire est nettement supérieur à trois fois le manque annuel.

Montant initial Compte courant à 3 ans Fonds monétaire à 3 ans (net IS) Manque à gagner cumulé
100 000€ 100 000€ 105 740€ 5 740€
300 000€ 300 000€ 317 220€ 17 220€
500 000€ 500 000€ 528 700€ 28 700€
1 000 000€ 1 000 000€ 1 057 400€ 57 400€

Pour comprendre comment ces horizons s'articulent avec une stratégie d'allocation complète, notre guide sur les placements court, moyen et long terme donne un cadre utile.

Sur 5 ans, avec un CAT à 3,10%/an (net IS : 2,325%)

Pour la fraction de trésorerie qu'une entreprise peut immobiliser sur 5 ans, le gain potentiel est encore plus significatif avec un compte à terme plutôt qu'un fonds monétaire.

Montant initial Compte courant à 5 ans CAT 3,10%/an à 5 ans (net IS) Manque à gagner cumulé
100 000€ 100 000€ 112 200€ 12 200€
300 000€ 300 000€ 336 600€ 36 600€
500 000€ 500 000€ 561 000€ 61 000€
1 000 000€ 1 000 000€ 1 122 000€ 122 000€

Ces chiffres sont nets d'IS (à 25%) et ne tiennent pas compte de l'inflation, ils représentent le gain financier réel pour la société, après impôt sur les sociétés. Si l'on intègre l'érosion inflationniste de la trésorerie dormante (estimée à ~2%/an en 2026), le manque à gagner total est encore supérieur.

Pour les modalités comptables précises d'un CAT dans une société IS, notre guide de comptabilisation détaille les écritures à effectuer.

Pourquoi la trésorerie reste-t-elle sur le compte courant ? Les 4 raisons les plus fréquentes

Ce n'est pas un manque de moyens ni d'intelligence financière. Les dirigeants qui laissent leur trésorerie dormir partagent généralement l'une de ces quatre raisons.

Raison 1 — "Je n'ai pas le temps de m'en occuper"

La gestion de trésorerie n'est pas le métier principal d'un dirigeant de PME, d'un médecin en SEL ou d'un consultant en SASU. Ouvrir un compte à terme, comparer les taux de plusieurs banques, comprendre la différence entre fonds monétaire et CAT : ça prend du temps qu'on n'a pas. Résultat : on remet à plus tard, et plus tard dure des mois, parfois des années. La solution n'est pas de trouver plus de temps, c'est de trouver le bon interlocuteur qui fait le travail à votre place.

Notre cas pratique sur une DAF nouvellement nommée illustre comment structurer une trésorerie en partant de zéro.

Raison 2 — "J'ai peur d'immobiliser la trésorerie dont j'aurais besoin"

C'est la raison la plus légitime, et elle mérite une réponse précise. La trésorerie d'une entreprise n'est pas monolithique : il y a la part nécessaire aux opérations courantes (BFR), la réserve de précaution, et l'excédent réel qui n'a aucune raison de rester disponible à vue. Cette dernière fraction peut être placée sans risque opérationnel, dès lors qu'elle est correctement identifiée. La peur d'immobiliser la trésorerie vient souvent de l'absence de cette distinction.

Raison 3 — "Ma banque ne m'a rien proposé"

C'est la réalité de la plupart des relations bancaires PME. Le conseiller de banque n'est pas rémunéré pour optimiser votre trésorerie, il est rémunéré pour vendre les produits de sa banque, qui ne comprennent généralement qu'un ou deux comptes à terme maison. Il n'a pas d'intérêt à vous proposer un fonds monétaire chez un gestionnaire tiers ou un CAT chez une banque concurrente qui offre un taux supérieur.

C'est précisément la différence entre une banque traditionnelle et une plateforme à architecture ouverte : l'accès à plusieurs banques partenaires depuis un seul espace, avec une comparaison des taux en temps réel.

Raison 4 — "Je ne savais pas que ça rapportait vraiment quelque chose"

Pendant la décennie 2012-2022, les taux directeurs de la BCE étaient proches de zéro ou négatifs. Placer sa trésorerie ne rapportait effectivement presque rien, pas assez pour que ça vaille la peine de s'en occuper. Beaucoup de dirigeants ont gardé cette habitude mentale alors que le contexte a radicalement changé depuis 2023. En 2026, un fonds monétaire rapporte 2,50%/an et un CAT jusqu'à 3,10%/an, des niveaux qui justifient largement l'effort de structuration.

Ce que change la fiscalité IS : le vrai rendement net après impôt

Un point que la plupart des articles sur le sujet ne précisent pas : les revenus financiers générés par les placements de votre société sont soumis à l'IS. Le rendement affiché (2,50%, 3,10%) est un rendement brut. Pour calculer le gain réel pour votre société, il faut déduire l'IS applicable.

Le calcul du rendement net IS

Pour une société à l'IS à 25% :

  • Fonds monétaire à 2,50%/an : rendement net IS = 2,50% × (1 - 25%) = 1,875%/an
  • CAT à 3%/an : rendement net IS = 3% × (1 - 25%) = 2,25%/an
  • CAT à 3,10%/an : rendement net IS = 3,10% × (1 - 25%) = 2,325%/an

Pour les entreprises dont le résultat fiscal est important, les fonds obligataires constituent une alternative à envisager pour la poche de rendement.

Pour une société dont le résultat fiscal est inférieur à 42 500€ (taux IS à 15%) :

  • Fonds monétaire à 2,50%/an : rendement net IS = 2,50% × (1 - 15%) = 2,125%/an
  • CAT à 3,10%/an : rendement net IS = 3,10% × (1 - 15%) = 2,635%/an

Ces rendements nets IS sont néanmoins nettement supérieurs à 0%, ce que rapporte votre compte courant. Et ils doivent être comparés à 0% net IS, pas à 0% brut.

L'angle IS souvent oublié

Certains dirigeants raisonnent ainsi : "Je préfère me verser des dividendes et placer à titre personnel." Il faut alors comparer le rendement net IS de la société avec le rendement net flat tax d'un placement personnel. Pour un placement à 3%/an :

  • En société IS à 25% : 2,25%/an net
  • En personnel flat tax 30% : 2,10%/an net (en supposant les dividendes déjà soumis à la flat tax)

La société IS est généralement plus efficace pour la poche de trésorerie intermédiaire, surtout si les dividendes à distribuer auraient eux-mêmes été soumis à la flat tax ou, pire, à des cotisations sociales TNS.

Pour les consultants en SASU ou EURL qui font face à cet arbitrage, notre guide dédié détaille l'impact de la structure juridique sur la stratégie de trésorerie.

FAQ — Trésorerie d'entreprise sur compte courant

Combien rapporte 100 000€ placés vs laissés sur compte courant ?
Sur un fonds monétaire à 2,50%/an brut, 100 000€ génèrent 2 500€ d'intérêts bruts par an, soit 1 875€ nets IS à 25%. Sur un compte courant à 0%, ces 100 000€ ne génèrent rien. Le manque à gagner annuel est donc de 1 875€ net IS. Sur 3 ans avec intérêts composés, le manque à gagner cumulé atteint environ 5 740€ nets IS.

Est-ce que laisser sa trésorerie en banque coûte de l'argent ?
Oui, de deux façons. D'abord, l'inflation érode progressivement le pouvoir d'achat de la trésorerie immobile, à 2%/an d'inflation, 300 000€ perdent l'équivalent de 6 000€ de pouvoir d'achat par an. Ensuite, le coût d'opportunité représente ce que la trésorerie aurait pu rapporter si elle avait été placée sur un produit adapté (fonds monétaire, compte à terme). Ces deux coûts s'additionnent et représentent un manque à gagner réel, même s'il n'apparaît pas en comptabilité.

Pour les professions libérales (médecins, avocats, consultants) dont la trésorerie s'accumule en société IS, notre guide dédié aux professions libérales détaille les spécificités applicables.

Quel est le coût réel de ne pas placer la trésorerie de son entreprise ?
Pour une société avec 500 000€ de trésorerie excédentaire sur compte courant à 0% en 2026 : le manque à gagner annuel est d'environ 9 375€ nets IS (vs fonds monétaire à 2,50%) ou 11 625€ nets IS (vs CAT à 3,10%). Sur 5 ans avec intérêts composés, le manque à gagner cumulé dépasse 60 000€ nets IS. À cela s'ajoute l'érosion inflationniste d'environ 10 000€/an de pouvoir d'achat sur ce montant.

Combien de trésorerie peut-on réellement placer ?
Pas la totalité du solde bancaire. Il faut d'abord identifier les charges à venir (TVA, IS, cotisations sociales, fournisseurs), le besoin en fonds de roulement habituel de votre activité, et une réserve de précaution de 1 à 2 mois de charges fixes. Ce qui reste après ces déductions est la trésorerie réellement excédentaire et placeable.

Pour un exemple concret de ce calcul appliqué à une startup post-levée, notre cas pratique illustre la démarche.

Par quoi commencer pour placer la trésorerie de son entreprise ?
Le premier pas est un fonds monétaire pour la poche liquide : rendement ~2,50%/an, disponibilité quotidienne (J+1), risque quasi-nul. C'est le produit le plus simple à ouvrir et celui qui élimine immédiatement le coût de l'inaction sur la fraction la plus disponible de la trésorerie. La deuxième étape est un compte à terme pour la fraction dont on n'a pas besoin avant 6 à 24 mois.

Pour les entreprises qui accumulent une trésorerie plus importante, le contrat de capitalisation personne morale est l'enveloppe la plus adaptée à la poche long terme.

Par où commencer ? Le premier pas pour faire travailler sa trésorerie

La bonne nouvelle : le premier placement de trésorerie d'une entreprise est aussi le plus simple. Il ne nécessite pas de connaissances financières avancées, pas de prise de risque, et peut être mis en place en quelques jours.

L'étape 1 — Identifier la trésorerie réellement excédentaire

Avant de placer quoi que ce soit, identifiez quelle fraction de votre solde bancaire est réellement disponible sans risque pour les opérations : soustrayez les charges à venir (salaires, fournisseurs, TVA, cotisations sociales, IS), votre BFR habituel et une réserve de précaution de 1 à 2 mois de charges. Ce qui reste est votre trésorerie placeable.

Notre article sur la règle des 3 poches détaille précisément comment effectuer ce calcul et structurer la trésorerie selon ses horizons.

L'étape 2 — Ouvrir un fonds monétaire

C'est le premier produit à ouvrir, pour les fonds qui doivent rester disponibles à tout moment. Liquidité quotidienne, rendement ~2,50%/an, au taux sans risque. L'argent quitte votre compte courant le matin et peut y revenir le lendemain si besoin.

L'étape 3 — Placer le reste en compte à terme

Pour la fraction que vous n'utiliserez pas avant 6, 12 ou 24 mois, un compte à terme fixe le taux à l'avance et garantit le capital par le FGDR. C'est l'étape qui génère le plus de rendement pour le moins d'effort.

Pour éviter le risque de concentrer toute la trésorerie sur un seul CAT, consultez notre article sur les 5 risques d'une trésorerie mono-produit.

Ces deux premières étapes peuvent transformer une trésorerie dormante en trésorerie active, avec des revenus financiers nets IS de plusieurs milliers d'euros par an selon les montants, sans aucun risque de capital et sans compétences financières particulières requises.

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Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Les simulations présentées sont indicatives et basées sur des hypothèses de taux 2026. Consultez un conseiller en investissements financiers agréé AMF pour une analyse adaptée à votre situation.

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