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Les 5 risques d’une trésorerie d’entreprise concentrée sur les comptes à terme

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Les 5 risques d’une trésorerie d’entreprise concentrée sur les comptes à terme

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Le compte à terme est souvent le premier réflexe d'un dirigeant qui décide de faire travailler sa trésorerie. C'est compréhensible : taux fixe garanti à l'avance, capital protégé, aucune compétence financière requise, pas de risque de marché. Par rapport à un compte courant à 0%, le compte à terme est objectivement une amélioration.

Le problème n'est pas le produit. Le problème est la concentration. Mettre 100%, ou même 80%, de la trésorerie excédentaire d'une entreprise sur un seul compte à terme, dans une seule banque, expose à cinq risques distincts que la plupart des dirigeants n'ont pas identifiés — non pas parce qu'ils sont négligents, mais parce que personne ne les leur a jamais présentés clairement.

Cet article les détaille, avec des exemples chiffrés, pour permettre à tout dirigeant de décider en connaissance de cause.

Cet article fait partie d'une série sur la diversification de la trésorerie d'entreprise. Si vous n'avez pas encore lu notre article sur le coût réel d'une trésorerie dormante, consultez notre guide sur le manque à gagner d'une trésorerie sur compte courant.

Le compte à terme est un excellent produit, mais pas le seul

Avant de lister les risques, une précision importante : cet article n'a pas pour objectif de dissuader les entreprises d'utiliser le compte à terme. C'est un produit pertinent, adapté à la poche sécurisée de la trésorerie, avec des caractéristiques que peu d'autres produits offrent : taux fixe connu à la souscription, capital garanti par le FGDR, absence totale de risque de marché.

Ce qui pose problème, c'est l'utilisation exclusive du compte à terme comme seul et unique produit de placement, quelle que soit la fraction de trésorerie concernée et quel que soit l'horizon de placement. Cette concentration crée des risques qui n'apparaissent jamais dans les brochures commerciales des banques et pour cause : les banques n'ont aucun intérêt à les mentionner.

Risque 1 — Le plafond FGDR à 100 000€ : votre trésorerie n'est pas entièrement garantie

C'est le risque le moins connu et pourtant le plus immédiat pour les entreprises qui ont une trésorerie significative.

Ce que couvre le FGDR

Le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) garantit les dépôts bancaires à hauteur de 100 000€ par déposant et par établissement bancaire. Cette garantie s'applique aux comptes courants, aux comptes à terme et aux livrets non réglementés. En cas de faillite de la banque, le FGDR rembourse le déposant jusqu'à ce plafond, en principe sous 7 jours ouvrables.

Ce que le FGDR ne couvre pas

Au-delà de 100 000€ par établissement, le déposant devient créancier ordinaire de la banque en faillite. Il peut récupérer une partie de ses fonds selon le taux de recouvrement final, mais ce taux est incertain, potentiellement long à obtenir (plusieurs années dans le cadre d'une procédure collective), et parfois très faible selon la situation du bilan de la banque au moment de sa défaillance.

Ce que ça signifie concrètement pour une entreprise

Une entreprise qui place 400 000€ sur un seul compte à terme dans une seule banque n'a que 100 000€ garantis par le FGDR. Les 300 000€ restants ne bénéficient d'aucune garantie publique en cas de défaillance de cet établissement.

Montant placé 1 seule banque Fraction garantie FGDR Fraction non garantie
100 000€ 1 banque 100 000€ (100%) 0€
300 000€ 1 banque 100 000€ (33%) 200 000€ non garantis
300 000€ 3 banques différentes 300 000€ (100%) 0€
500 000€ 1 banque 100 000€ (20%) 400 000€ non garantis

La solution pratique

Répartir la trésorerie sur plusieurs établissements bancaires distincts, en maintenant l'exposition sous 100 000€ par établissement, permet de couvrir intégralement la trésorerie par le FGDR, quelle que soit sa taille. C'est exactement ce que permettent les plateformes à architecture ouverte qui donnent accès à plusieurs banques partenaires depuis un seul espace : l'entreprise compare les taux, sélectionne plusieurs établissements, et couvre 100% de sa trésorerie par le FGDR sans avoir à gérer plusieurs relations bancaires distinctes.

Risque 2 — La liquidité bloquée : que faire si un besoin urgent survient ?

C'est le risque le plus immédiatement impactant pour l'exploitation d'une entreprise.

Comment fonctionne le blocage d'un CAT

Un compte à terme est, par définition, un dépôt bloqué jusqu'à son échéance. Si vous placez 200 000€ sur un CAT de 18 mois et qu'un besoin de liquidité imprévu survient au 8e mois, vous avez deux options, aucune n'est satisfaisante.

La première option est la sortie anticipée avec pénalités. La plupart des banques autorisent une sortie avant terme, mais elle s'accompagne de pénalités, généralement une fraction des intérêts acquis, parfois une pénalité sur le capital. Ces pénalités varient selon les contrats et les établissements, mais elles représentent systématiquement un coût financier réel.

La deuxième option est de ne pas toucher au CAT et de trouver les liquidités ailleurs, emprunt court terme, découvert autorisé, arbitrage sur d'autres postes. Toutes ces solutions ont un coût, généralement supérieur aux intérêts gagnés sur le CAT.

Les situations qui déclenchent ce risque

Ce risque concerne des situations plus fréquentes qu'on ne le croit. Un client important qui tarde à payer (créance client imprévue). Une opportunité d'acquisition ou d'investissement qui se présente rapidement. Une dépense exceptionnelle non budgétée (réparation d'équipement critique, départ d'un salarié clé, sinistre). Une variation de BFR liée à une croissance rapide de l'activité.

Ce que ça révèle sur la structuration de la trésorerie

Ce risque n'est pas une fatalité du compte à terme, c'est une conséquence de l'absence de poche liquide en parallèle. Une entreprise qui maintient 20% à 30% de sa trésorerie en fonds monétaire (liquidité quotidienne J+1) et 70% à 80% en CAT n'est jamais bloquée : la poche liquide absorbe les imprévus sans toucher au CAT.

Un fonds monétaire (liquidité quotidienne J+1) est précisément conçu pour remplir ce rôle de poche liquide permanente.

Risque 3 — Le taux figé dans le temps : et si les taux remontent après votre souscription ?

Ce risque est moins immédiat mais peut représenter un manque à gagner significatif sur plusieurs années.

La mécanique du risque de taux sur un CAT

Le taux d'un compte à terme est fixé à la souscription et ne change pas pendant toute la durée du dépôt. C'est une caractéristique présentée comme un avantage et c'en est un si les taux baissent après la souscription. Mais si les taux remontent après votre souscription, votre CAT est bloqué à son taux initial, inférieur aux conditions que vous auriez obtenues en souscrivant plus tard.

Un exemple concret

En janvier 2026, une entreprise souscrit un CAT de 3 ans à 3%/an pour 300 000€. Si les taux BCE remontent à 3,50% fin 2026 et que les nouveaux CAT offrent 3,80%/an, cette entreprise reste bloquée à 3%/an jusqu'en janvier 2029. Sur les 24 mois restants, le manque à gagner est de 300 000€ × (3,80% - 3%) × 2 ans = 4 800€ bruts, soit 3 600€ nets IS.

Ce manque à gagner n'est pas catastrophique sur un seul CAT, mais il illustre le risque structurel d'une stratégie qui consiste à tout immobiliser sur une seule durée, un seul taux, fixé à un seul moment dans le temps.

La solution : l'échelonnement (laddering)

Plutôt que de placer l'intégralité de la trésorerie sur un CAT unique, l'échelonnement consiste à répartir sur plusieurs CAT de durées différentes : 6 mois, 12 mois, 24 mois, 36 mois. À chaque échéance, le capital est réinvesti aux conditions de marché du moment. Cette stratégie ne maximise pas le rendement à court terme, mais elle réduit considérablement l'exposition au risque de taux et assure une révision régulière des conditions de placement.

Risque 4 — Le manque à gagner sur la poche long terme : le CAT n'est pas le bon outil pour toute la trésorerie

C'est le risque le plus silencieux, et potentiellement le plus coûteux sur 5 à 10 ans.

Pourquoi le CAT est optimisé pour le court et moyen terme

Un compte à terme est structurellement un produit court et moyen terme : son rendement est maximal sur des durées de 12 à 36 mois en général, et il plafonne au-delà (les banques n'ont pas d'avantage à rémunérer très longtemps un dépôt à taux fixe). Il ne génère pas d'intérêts composés automatiques (les intérêts sont versés à l'échéance et réinvestis séparément si souhaité). Il ne donne accès qu'à un seul produit, d'une seule banque, à un seul taux.

Ce que la poche long terme pourrait rapporter

Pour la fraction de trésorerie que l'entreprise n'a structurellement pas besoin avant 3 à 7 ans, d'autres produits offrent un rendement nettement supérieur à celui d'un CAT, avec des profils de risque différents mais maîtrisables.

Produit Rendement indicatif 2026 Horizon recommandé Profil de risque
CAT 24 mois ~3,10%/an 1 à 3 ans Capital garanti FGDR
Fonds obligataire ~4,60%/an 3 à 5 ans Risque de marché quotidien
CLN investment grade 4,5% à 7%/an 2 à 7 ans Risque de crédit conditionnel
Contrat de capitalisation Variable selon supports 3 ans et plus Selon supports choisis
Private equity TRI 8 à 12%/an 5 à 10 ans Risque de perte en capital

Le calcul du manque à gagner sur la poche long terme

Pour 200 000€ immobilisés sur 5 ans, la différence entre un CAT à 3,10%/an et un fonds obligataire à 4,60%/an représente, après IS à 25% :

  • CAT 3,10% net IS 2,325% : 200 000€ × [(1+2,325%)^5 - 1] = 24 300€ nets IS
  • Fonds obligataire : 4,60% net IS 3,45% : 200 000€ × [(1+3,45%)^5 - 1] = 37 400€ nets IS
  • Différentiel : 13 100€ nets IS sur 5 ans, uniquement parce que la totalité de la trésorerie était sur un CAT plutôt que diversifiée selon les horizons réels.

Pour comprendre en détail les différences entre fonds monétaires et fonds obligataires sur la poche de rendement, notre comparatif dédié détaille les critères de décision.

Risque 5 — Le risque de réinvestissement : que se passe-t-il quand le CAT arrive à échéance ?

C'est le risque le plus méconnu, et pourtant l'un des plus récurrents dans la vie d'une entreprise qui place sa trésorerie en CAT.

La mécanique du risque de réinvestissement

Quand un CAT arrive à échéance, le capital et les intérêts sont restitués sur le compte courant de l'entreprise. L'entreprise doit alors décider ce qu'elle fait de ces fonds : soit elle les laisse sur le compte courant (retour à 0%), soit elle souscrit un nouveau CAT aux conditions de marché du moment. Ce moment de réinvestissement est un point de vulnérabilité.

Si les taux ont baissé entre la souscription initiale et l'échéance, le nouveau CAT sera moins rémunérateur que l'ancien. Dans un contexte de baisse des taux BCE, comme cela s'est produit entre 2023 et 2026, une entreprise qui avait souscrit un CAT 12 mois à 3,50% en 2023 a vu ses conditions se dégrader à chaque renouvellement. C'est le risque de réinvestissement : l'incertitude sur les conditions auxquelles la trésorerie pourra être replacée à l'échéance.

Le contrat de capitalisation personne morale est précisément conçu pour éviter ce risque : les arbitrages entre supports se font sans contrainte d'échéance annuelle.

Ce que ça signifie en pratique

Une entreprise qui place 500 000€ sur un CAT de 12 mois et le renouvelle automatiquement chaque année à l'échéance subit ce risque sans s'en rendre compte. Si le taux passe de 3,10% à 2,50% entre deux renouvellements, le manque à gagner annuel est de 500 000€ × (3,10% - 2,50%) × (1 - 25%) = 2 250€ nets IS et ce pour chaque année supplémentaire au taux inférieur.

La solution : diversifier les horizons ET les produits

La partie de la trésorerie dont l'horizon est réellement long (3 ans et plus) ne devrait pas être replacée en CAT d'un an renouvelable : elle devrait être orientée vers des produits adaptés à cet horizon long, qui ne sont pas soumis au risque de réinvestissement annuel. Le contrat de capitalisation, par exemple, permet de bloquer une stratégie d'investissement sur plusieurs années sans subir le risque de réinvestissement à chaque échéance annuelle.

Pour les entreprises qui gèrent une trésorerie excédentaire après levée de fonds, notre cas pratique illustre comment structurer cette poche sécurisée.

FAQ — Risques d'une trésorerie concentrée sur un seul CAT

Que se passe-t-il si ma banque fait faillite avec mon compte à terme ?
Le FGDR (Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution) garantit vos dépôts à hauteur de 100 000€ par déposant et par établissement bancaire. Si votre compte à terme dépasse ce plafond dans un seul établissement, la fraction au-delà de 100 000€ n'est pas garantie : vous devenez créancier ordinaire de la banque en faillite, avec une récupération incertaine et potentiellement très partielle. La solution est de répartir la trésorerie sur plusieurs établissements en maintenant l'exposition sous 100 000€ par banque.

Peut-on sortir d'un compte à terme avant son échéance ?
Techniquement oui, dans la plupart des cas mais à un coût. La sortie anticipée d'un CAT est généralement possible moyennant des pénalités contractuelles, qui correspondent à une fraction des intérêts acquis ou à une pénalité fixe selon les établissements. Pour éviter ce risque, la solution n'est pas de souscrire des CAT plus courts, mais de maintenir une poche liquide en fonds monétaire pour absorber les besoins imprévus sans avoir à rompre le CAT.

Pourquoi ne pas mettre toute sa trésorerie en compte à terme ?
Pour cinq raisons cumulatives : le plafond FGDR à 100 000€ par établissement laisse une partie de la trésorerie non garantie, le capital est bloqué jusqu'à l'échéance avec des pénalités en cas de sortie anticipée, le taux est figé et peut devenir sous-optimal si les taux remontent, le CAT n'est pas le meilleur produit pour la poche long terme dont le rendement potentiel est nettement supérieur, et le risque de réinvestissement à l'échéance expose à des conditions dégradées si les taux ont baissé.

Comment diversifier la trésorerie de son entreprise ?
En structurant la trésorerie selon trois horizons distincts : un fonds monétaire pour la poche liquide (disponibilité quotidienne, ~2,50%/an), plusieurs CAT sur plusieurs établissements pour la poche sécurisée (6 à 24 mois, jusqu'à 3,10%/an), et des produits adaptés à l'horizon long (contrat de capitalisation, fonds obligataires, CLN) pour la poche de rendement. Chaque poche répond à un besoin précis et aucun risque ne s'accumule sur un seul produit ou un seul établissement.

Quel est le bon montant maximum à mettre en compte à terme ?
Il n'existe pas de règle universelle, mais deux principes s'appliquent : ne jamais dépasser 100 000€ par établissement bancaire pour rester dans la couverture FGDR, et ne jamais placer en CAT plus de trésorerie que vous pouvez vous permettre d'immobiliser jusqu'à l'échéance sans risque pour l'exploitation. La poche CAT ne devrait pas représenter plus de 50% à 60% de la trésorerie totale de l'entreprise, le reste étant réparti entre fonds monétaire (liquidité) et produits long terme (rendement).

La solution : une allocation multi-produits adaptée aux trois horizons

Ces cinq risques ne sont pas insurmontables, ils disparaissent tous quand la trésorerie est structurée selon une logique d'allocation multi-produits, adaptée aux trois horizons de disponibilité réels.

La poche liquide : fonds monétaire

Pour la trésorerie opérationnelle et les provisions (IS, TVA, charges sociales), le fonds monétaire assure une disponibilité quotidienne à ~2,50%/an. Ce produit élimine le risque 2 (liquidité bloquée) : un besoin urgent est couvert sans toucher aux autres poches.

La poche sécurisée : plusieurs CAT sur plusieurs banques

Pour la trésorerie excédentaire à horizon 3 à 24 mois, plusieurs CAT sur plusieurs établissements distincts, avec des durées échelonnées (6 mois, 12 mois, 18 mois), permettent de couvrir 100% du capital par le FGDR (risque 1), de limiter l'exposition au risque de taux (risque 3) grâce au laddering, et de réduire le risque de réinvestissement (risque 5) en ne concentrant pas toutes les échéances sur un seul moment.

La poche de rendement : produits adaptés à l'horizon long

Pour la trésorerie structurellement excédentaire sur 3 ans et plus, des produits comme le contrat de capitalisation, le compte-titres personne morale, ou les fonds obligataires permettent d'accéder à des rendements nettement supérieurs au CAT (risque 4), en contrepartie d'un niveau de risque adapté à cet horizon.

Cette structure en trois poches est précisément ce que nous détaillons dans notre prochain article : La règle des 3 poches : comment structurer la trésorerie d'entreprise selon ses horizons.

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Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Consultez un conseiller en investissements financiers agréé AMF avant toute décision.

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